
Le statut de protection temporaire (TPS) accordé aux Haïtiens expire ce lundi 27 juillet 2026 aux États-Unis. Une décision de Donald Trump, annoncée dès l'année dernière, et que la Cour suprême a validée le 25 juin. Des centaines de milliers de personnes, parmi lesquelles beaucoup travaillent dans des secteurs clés – la santé, l'aide à la personne –, se préparent désormais à être expulsées vers un pays en proie à la violence des gangs et qui compte déjà près d'1,5 million de déplacés.
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Avec la fin du TPS, ce sont quelque 330 000 Haïtiens qui risquent désormais d'être arrêtés à tout moment par l'ICE, la police de l'immigration. Alors, certains ont déjà pris les devants, comme l'explique Jadinah N. Gustave, avocate des affaires et membre d'une association d'avocats haïtiens.
« Certaines personnes ont choisi de s'auto-expulser. Elles partent parce qu'elles ne veulent pas subir l'humiliation d'être arrêtées et déportées par l'ICE et déposées n'importe où. Car l'ICE n'est pas obligée de les ramener en Haïti . Elle peut littéralement les déposer partout où l'on accepte de les accueillir », explique-t-elle au micro de Sarah Krakovitch pour RFI.
Se pose aussi la question, cruciale, des enfants nés sur le sol états-unien et qui en ont donc la nationalité. Nathalye Cotrino, chercheuse au sein de l'ONG Human Rights Watch, développe : « Il s'agit surtout de savoir, en cas de séparation familiale, ce qu'ils peuvent faire pour leurs enfants. Par exemple, s'ils peuvent les placer sous la tutelle de quelqu'un qui a une situation légale plus stable aux États-Unis premièrement. Et deuxièmement, s'ils veulent demander, en cas de détention, que leurs enfants soient envoyés avec eux en Haïti. Et sinon, avec qui ils vont les laisser. »
Autant de questions auxquelles s'ajoute la peur d'être renvoyés dans un pays plongé dans une crise aux multiples visages.
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La fin d'une protection qui aura duré 16 ans
Les Haïtiens auront bénéficié du TPS aux États-Unis pendant 16 ans. Lorsque le président américain Barack Obama décide de leur accorder ce statut en janvier 2010, leur pays vient d'être frappé par un séisme dévastateur au bilan terrible : près de 300 000 morts, autant de blessés, et plus d'un million de sans-abris.
Cette protection est censée ne pas excéder 18 mois. À l'époque, Washington estime qu'ils pourraient être entre 100 000 et 200 000 à en bénéficier. Mais les crises se succèdent en Haïti : épidémie de choléra, ouragan, instabilité politique, puis violence des gangs… Résultat : 16 ans plus tard, le TPS est toujours en vigueur.
Donald Trump a pourtant bien essayé de le supprimer lors de son premier mandat. Mais sa décision a été contestée devant les tribunaux, offrant un sursis aux bénéficiaires, avant d'être annulée par Joe Biden à l'arrivée du démocrate à la Maison Blanche. La deuxième tentative du président républicain aura été la bonne. Annoncée en juillet 2025, la révocation du TPS a été validée le 25 juin 2026 par la Cour suprême. Ils sont désormais quelque 330 000 Haïtiens à risquer l'expulsion.
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