
Pris en exemple par les nouveaux dirigeants de la droite conservatrice en Amérique latine pour sa lutte contre les gangs armés, le président du Salvador Nayib Bukele est aussi régulièrement pointé du doigt pour le revers qu'implique cette politique : 90 000 arrestations arbitraires, au moins 470 morts en détention... Dans un rapport rendu public ce jeudi 16 juillet 2026, Amnesty International alerte sur les conséquences humanitaires de la politique sécuritaire du Salvador, qui pourraient constituer un crime contre l'humanité.
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En 2022, Nayib Bukele , président du Salvador , qui lutte depuis des années contre la violence des gangs , a obtenu de pouvoir arrêter et envoyer les gens en prison sans l'accord d'un juge. Prévu pour durer un mois, ce régime d'exception est désormais en place depuis quatre ans et s'est transformé en outil de répression à grande échelle.
Des associations se battent aujourd'hui pour accompagner les personnes incarcérées et tenter de sauvegarder ce qu'il reste de l'État de droit. Samuel Ramirez, ancien syndicaliste, coordonne le Mouvement de victimes du régime d'exception, qu'il a fondé il y a quatre ans pour pallier les manquements des institutions chargées de protéger les droits humains.
« On a été obligé d'aider les victimes pour qu'elles puissent elles-mêmes lutter et contester les arrestations arbitraires. On leur dit ce qu'elles doivent faire si elles sont arrêtées, les documents qu'elles doivent avoir sur elles, où elles doivent aller pour se faire aider, quel type d'aide elles peuvent demander dans les différentes institutions... », explique-t-il.
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« Quatre bébés sont déjà morts en prison »
Pour lui, le rapport d'Amnesty International sur de possibles crimes contre l'humanité dans les prisons salvadoriennes n'est pas une surprise. « Un crime contre l'humanité, ce n'est pas un massacre de 1 000 personnes. Il s'agit d'une violation systématique des droits dont le gouvernement à conscience , poursuit Samuel Ramirez. Les morts en prison, les arrestations arbitraires de gens innocents, le gouvernement est au courant, mais ne fait rien... Ça, ça s'appelle des crimes contre l'humanité. »
« Ils ont arrêté des femmes enceintes, ils ont arrêtés des femmes avec leur bébé dans les bras et ils les ont emprisonnées. Quatre bébés déjà sont morts en prison, à cause du manque de soin. Et personne n'est jugé pour ces crimes », dénonce l'ancien syndicaliste.
Le mouvement de Samuel Ramirez a déposé quatre recours pour contester la constitutionnalité du régime d'exception. Pour le moment, trois se sont soldés par un non-lieu.
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