Italie: le Parlement entame l’examen de la réforme électorale voulue par Giorgia Meloni pour 2027

Italie: le Parlement entame l’examen de la réforme électorale voulue par Giorgia Meloni pour 2027

Le Parlement italien a débuté, mardi 14 juillet 2026, l’examen de la réforme électorale voulue par la cheffe du gouvernement Giorgia Meloni, en vue des élections générales de 2027. Le texte vise officiellement à renforcer la stabilité du Parlement grâce à un mode de scrutin proportionnel assorti d’une prime de majorité. Le gouvernement défend cette réforme au nom de la stabilité politique. Il est toutefois très contesté, y compris dans son propre camp.

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Le projet de loi, dénommé « Stabilicum » par la majorité de droite et d’extrême droite et rebaptisé « Melonellum » par l’opposition est accusé d’être cousu sur mesure pour Giorgia Meloni, afin qu’elle puisse continuer à gouverner sans trop s’accorder avec l’opposition et les institutions. D’où l’initiative collective « La nuit de la démocratie » qui, malgré la chaleur suffocante à Rome, a mobilisé une foule de personnes de tous âges devant la Chambre des députés, rapporte notre correspondante à Rome, Anne Le Nir .

Le gouvernement Meloni est le deuxième le plus long de l’histoire de la République italienne , alors qu’il est né avec la loi électorale de 2017, qui combine scrutin majoritaire uninominal à un tour et représentation proportionnelle. Pour Luigi Spanu, membre du mouvement citoyen Participation Active, réformer la loi n’a donc aucun sens : « Le point le plus crucial est la prime de majorité. Si une coalition atteint au moins 42 % des suffrages, elle obtiendra un supplément de 70 sièges à la Chambre des députés et de 35 au Sénat. Ce projet de loi naît de la volonté de Giorgia Meloni d’avoir le pouvoir absolu ! ».

Le texte inquiète tout autant Gianluca Gagliano, étudiant en médecine et fondateur de l’association Minerva-Sapienza : « Nous, en tant que jeunes, nous voulons mettre en lumière le fait que le processus décisionnel d’une loi électorale doit être toujours partagé par toutes les forces politiques. »

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Faire passer l'Italie à un système entièrement proportionnel

En réalité, la réforme ne fait pas l’unanimité, même au sein de la majorité. Mardi, la Chambre des députés a rejeté, par un vote secret, un amendement de Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni, qui visait à réintroduire le vote préférentiel dans les circonscriptions plurinominales, selon un système qui aurait pénalisé l’égalité des genres.

Le système actuel attribue une partie des sièges au scrutin majoritaire uninominal à un tour et l’autre à la proportionnelle, à la Chambre des députés comme au Sénat. La réforme ferait passer l’Italie à un système entièrement proportionnel, avec un bonus de sièges dans les deux chambres pour la coalition qui obtiendrait plus de 40 % des voix.

Les débats à la Chambre des députés devraient se poursuivre jusqu'à la fin du mois de juillet, la majorité espérant un premier vote avant la pause parlementaire estivale. Le texte devra ensuite être examiné par le Sénat, où son parcours législatif pourrait encore durer plusieurs mois.

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