
Le troisième épisode de canicule à frapper le pays depuis la fin mai touche à sa fin. Les températures extrêmes enregistrées ont de nouveau mis à mal la quasi-totalité des secteurs de l’économie. La France paie une adaptation trop lente face au changement climatique.
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Il est encore trop tôt pour évoquer des chiffres consolidés, mais l'évidence a été rappelée récemment par le gouverneur de la Banque de France , Emmanuel Moulin : les épisodes caniculaires ont « clairement » un effet « négatif sur la croissance ». Après trois vagues de chaleur successives, aucun secteur ne semble avoir été épargné.
Agriculture, tourisme et BTP en première ligne
La France est d'autant plus touchée que plusieurs secteurs, poids lourds de l'économie, comme l'agriculture ou le tourisme, sont particulièrement soumis aux aléas climatiques. Le principal syndicat agricole français, la FNSEA, a ainsi alerté jeudi 9 juillet sur « une situation d'une gravité inédite », réclamant au Premier ministre Sébastien Lecornu « un plan de soutien exceptionnel » pour l'agriculture française. Les récoltes de maïs devraient être fortement affectées par les canicules. Les éleveurs ont aussi payé un lourd tribut avec « 9 127 tonnes d'animaux morts », principalement des volailles, « prises en charge par l'État » lors de la canicule de juin, selon la ministre de l'Agriculture Annie Genevard.
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Autre secteur touché, le tourisme, notamment dans les grandes villes. Les Français ont en effet réduit massivement leurs déplacements pendant ces épisodes de canicule selon une étude du laboratoire de recherche de l’opérateur de transport Transdev. Du côté du commerce, les soldes d’été ont été prolongées d’une semaine pour compenser la faible fréquentation.
Des surcoûts pour les entreprises qui s'adaptent à la dernière minute
Face à l'intensité des vagues de chaleur , certains secteurs ont dû prendre des mesures de dernière minute pour adapter le travail de leurs salariés, entrainant des surcoûts. « Il faut préserver les salariés, c'est une priorité. Cela veut dire que vous ne faites pas vos sept heures par jour et même s'il y a un report des heures, il faut revoir les plannings, et parfois si l'on veut tenir ses engagements sur les chantiers, on est obligés de prendre de la main d'oeuvre supplémentaire », explique Thierry Leblanc, président de la Fédération du bâtiment de Gironde.
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De nombreuses entreprises font également face à des surcoûts d’exploitation pour rafraîchir les bâtiments ou leurs serveurs informatiques avec des factures d’électricité et d’eau en hausse. Des coûts de maintenance et de réparation qui devraient également s'envoler alors que les infrastructures énergétiques et de transport ont été mises à mal par les chaleurs extrêmes.
Le 12 juillet, EDF évoquait trois réacteurs nucléaires à l'arrêt et huit à puissance réduite en France. La vague de chaleur a mis le réseau sous tension et fragilisé certaines infrastructures vieillissantes . De son côté, la SNCF a dû se résoudre à supprimer de nombreux trains alors que le réseau routier a lui aussi été mis à l’épreuve, la chaleur allant jusqu'à faire fondre le bitume sur certaines routes.
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Le réchauffement climatique : un facteur de baisse de compétitivité
Face à ces épisodes de chaleur, les salariés ont également dû s'adapter : retard dans les transports, fatigue persistante, nuits écourtées, garde d'enfants lorsque certaines écoles ont fermé leurs portes, ont participé à une baisse de productivité. Selon une étude d'Allianz Trade publiée en mai dernier, au-delà de 30°C, chaque degré supplémentaire entraîne une baisse de la production horaire d'environ 3 % en moyenne. Les auteurs de l’étude n’évoquent pas les conséquences avec des températures au-delà de 35 degrés.
Selon la même étude, entre 2026 et 2030, les vagues de chaleur pourraient entraîner des pertes économiques équivalentes à 206 milliards d’euros en France. Cela ferait de la France l’un des pays les plus touchés au monde avec le Japon et l’Italie.
Dans son 8ᵉ rapport annuel, publié le 9 juillet et intitulé « La France face à ses responsabilités », le Haut Conseil pour le climat alerte sur l’urgence de changer d’échelle dans les politiques climatiques pour protéger la population française face au changement climatique et à la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles.
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