
Pour Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye, pays divisé entre deux pouvoirs rivaux, la rencontre du 12 juillet 2026 entre les chefs d’état-major de l’Est et de Tripoli, voulue notamment par les États-Unis, ne traduit pas d’« engagements majeurs ». L’analyste pointe également un accent mis sur le nord du pays, alors que « pour l'instant, les problèmes sécuritaires de cette année ont eu lieu plutôt dans le sud du pays ».
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Une nouvelle rencontre a eu lieu en Libye, le 12 juillet 2026, entre chefs d'état-major de l'Est et de l'Ouest. D'un côté, celui de l'armée officielle de la Libye occidentale – reconnue par l'ONU – Salah Eddine Al-Namroush, et de l'autre, Khaled Haftar, un des fils du maréchal Khalifa Haftar.
Une rencontre à Syrte, ville choisie pour sa situation géographique, exactement au milieu de la côte libyenne : elle sépare virtuellement l'est et l'ouest de la Libye. Une rencontre voulue par les États-Unis qui y travaillent depuis mi-avril. L'administration Trump a fait de la réunification politique, économique et militaire de la Libye un de ses thèmes récurrents.
« Sur le sud de la Libye, il n'y a absolument aucune coordination »
Mais à ce stade, selon l’analyste Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye, ces rencontres, surtout symboliques, n'ont pas de portée majeure sur le terrain, dans un pays immense dont il faut comprendre enjeux géographiques.
« Tant qu'on est au nord, tant qu'il ne s'agit pas de mélanger les brigades, de faire pénétrer par exemple des brigades de l'Ouest dans le cœur de la Cyrénaïque [ partie orientale de la Libye d'où est partie la révolte contre le région de Mouammar Kadhafi en 2011, NDLR ] ou vice versa, ça ne représente pas un coût, ni logistique, ni politique, qui soit très substantiel , souligne-t-il au micro d’ Amélie Tulet . Et surtout, ça se fait au nord. Or, pour l'instant, les problèmes sécuritaires de cette année – je parle vraiment de 2026, avec les kidnappings, frictions, incidents – ont eu lieu plutôt dans le sud du pays. Et donc, sur le sud, il n'y a absolument aucune coordination ».
Il poursuit : « Il y a des choses assez laides qui s’y produisent au moment même où je vous parle, avec aucune amélioration. Par contre, sur la côte – je ne voudrais pas non plus dénigrer – ce ne sont pas des avancées qui ont une grande signification sur le terrain. Les engagements majeurs, on ne commencera à pouvoir en parler que s'il y a des comités nouveaux qui se créent avec, disons, des chefs militaires qui seront à même de donner des ordres à des brigades qui ne sont pas de leur province. Et ça, on n’y est vraiment pas. »
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Depuis la chute de l'autocrate Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est profondément divisée et actuellement gérée par un gouvernement reconnu par l'ONU à Tripoli (ouest), dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et un exécutif parallèle basé à Benghazi, placé sous la férule du puissant maréchal Khalifa Haftar et ses fils.
Les trois principales institutions de Libye avaient annoncé le 18 juin 2026 un accord sur « une feuille de route » pour la tenue d'élections législatives et présidentielle « au plus tard le 17 février 2027 ». Une initiative toutefois rapidement désavouée par le clan Haftar.
Après un scrutin parlementaire réussi en 2012, la Libye avait sombré dans l'instabilité, à la merci de milices aux allégeances mouvantes et, un temps, de groupes jihadistes.
Des élections censées unifier le pays avaient été programmées pour décembre 2021 sous parrainage de l'ONU, mais avaient été constamment reportées à cause de divergences entre Ouest et Est sur le rôle constitutionnel du futur président et les critères d'éligibilité.
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