La Fondation Azzedine Alaïa expose à Paris les inspirations africaines du couturier tunisien

La Fondation Azzedine Alaïa expose à Paris les inspirations africaines du couturier tunisien

Paris accueille actuellement les défilés de haute couture pour la saison automne-hiver 2026-2027. Comme il est de tradition pendant la semaine de présentation des collections, l'agenda culturel de la capitale française s'enrichit d'une programmation dense, où expositions et événements viennent nourrir le dialogue entre mode, art et patrimoine. Cette saison, l'un des rendez-vous incontournables est l'exposition « Azzedine Alaïa et l'Afrique », présentée à la Fondation Azzedine Alaïa, qui vient d’ouvrir ses portes.

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À travers une cinquantaine de modèles, le parcours réunit pour la première fois les créations du couturier autour d'un thème qui a guidé trois collections en particulier : celles du printemps-été 1988, 1989 et 1990. La relation du couturier tunisien, disparu en 2017, avec le continent africain est ainsi mise à l'honneur, révélant combien cette source d'inspiration a irrigué le travail de celui qui a fait de la mode un véritable art de la sculpture du corps.

Comme le rappelle Olivier Saillard, commissaire de l'exposition, Alaïa a toujours tenu à intégrer les inspirations d'un continent « qu'il a quitté tôt, mais qui continuait à exercer une fascination profonde ». Formé à la sculpture à l'École des Beaux-Arts de Tunis avant de rejoindre Paris, où il fut rapidement adopté par le monde de la mode, le couturier n'a jamais rompu ce lien, à la fois affectif et créatif, avec l'Afrique.

Entre héritage textile et souvenirs d'enfance

Ces liens s'expriment parfois de façon directe. On le voit dans les moucharabiehs, réinterprétées dans les pièces ajourées qui ont ponctué sa carrière ; l'usage de certaines matières, comme le raphia sur des pièces couture ; ou encore certaines techniques, à l'image de l'art secret des momies égyptiennes, qui inspirera ses fameuses robes bandelettes – l'une de ses créations les plus emblématiques.

Mais le dialogue avec ses souvenirs d'enfance se manifeste aussi de manière plus subtile. Il se glisse parfois dans un détail, une nuance, ou même un silence de couleur. C'est le cas de ce blanc immaculé qui ouvre le parcours, porté par les deux premières silhouettes de l'exposition. Un blanc qu'Alaïa puise dans la mémoire des robes des religieuses de Notre-Dame de Sion, à Tunis, où son regard d'enfant s'était posé.

Des vêtements comme des sculptures à la lumière naturelle

La scénographie tire pleinement parti de l'imposante verrière de cette ancienne fabrique de 5 000 m², nichée dans le quartier parisien du Marais, où le couturier s'était installé dès la fin des années 1980. La structure laisse entrer la lumière naturelle – un choix rare dans les expositions de mode, où l’ensoleillement constitue généralement une menace pour la préservation des textiles. Mais les organisateurs semblent avoir voulu jouer à la fois sur le contraste et sur la proximité. Les pièces sont présentées sans artifice, tout en conservant leur allure impériale, portées par la richesse des détails et les coupes sculpturales, mises en valeur par les peintures de Kris Ruhs en toile de fond.

Au deuxième étage, les visiteurs découvraient également une série de photographies réalisées par Peter Beard lors d’un voyage effectué avec Azzedine Alaïa au Kenya en 1996. Le couturier y retrouvait une source d’inspiration qui le fascinait particulièrement, admirant la démarche des Massaï autant que l’art avec lequel ils drapaient les tissus de leurs pagnes.

Le parcours s'achève sur des vidéos des défilés des collections printemps-été 1988, 1989, 1990 et 1992. Voir certaines des pièces exposées au rez-de-chaussée en mouvement, incarnées par quelques-uns de ses mannequins fétiches – de Naomi Campbell à Farida Khelfa – est un pur régal.

Enfin, cette exposition marque aussi une nouvelle phase pour la Fondation Alaïa, appelée à prendre de l'ampleur. La boutique historique, située au 7 rue de Moussy, juste à côté, cédera son espace pour être entièrement rattachée à la Fondation, preuve de l'intérêt suscité par le travail patrimonial d'Azzedine Alaïa.

► L’exposition « Azzedine Alaïa et l'Afrique » reste à l'affiche jusqu'au 4 janvier 2027.

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