Corée du Sud: malgré la prochaine interdiction de la viande canine, les chiens des fermes d'élevage loin d'être tirés d'affaire

Corée du Sud: malgré la prochaine interdiction de la viande canine, les chiens des fermes d'élevage loin d'être tirés d'affaire

En Corée du Sud, conformément à une décision prise en 2024, la vente de viande de chiens ainsi que leur élevage dans des fermes à cette fin sera interdite à partir de 2027. Dans cette perspective, plusieurs associations tentent de sauver les très nombreux animaux qui se trouvent encore dans ces exploitations. Si peu de chiffres officiels circulent, leur nombre était estimé entre 400 000 et 500 000 têtes en 2024.

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De notre correspondante à Séoul

En Corée du Sud , malgré l'interdiction d'élever des chiens dans des fermes dans le but de vendre leur viande, ces animaux ne sont pas sauvés pour autant. Certains y sont encore enfermés et la plupart vont probablement être abattus. Si certains ont certes été transférés dans des refuges publics, d'autres - environ 25% - y meurent en outre de maladies ou de blessures, quand 20% y sont euthanasiés à l’aide de traitements médicamenteux appropriés...

Pour leur éviter de subir un tel sort, des associations en ont donc récupérer quelques-uns et tentent de les faire adopter en Corée du Sud, un objectif difficile à atteindre notamment parce que l’une des races les plus représentées est le Tosa - un grand chien musclé - ou encore le Jindo coréen, de taille moyenne. Or, dans le pays, la préférence va aux petits chiens car beaucoup de Sud-Coréens ont de petits appartements. Certains de ces chiens ont déjà trouvé une famille au Canada ou aux États-Unis.

Un commerce autour des grandes villes

La plupart des fermes d'élevage de chiens sont situées près des grandes villes car c’est là qu’il y a un marché. Elles se concentrent par conséquent autour de la capitale, Séoul, ou de Busan, dans le sud du pays, où se sont surtout les personnes âgées qui les consomment. Ces dernières pensent que la viande de chien leur donne de la force, surtout dans les périodes de fortes chaleurs.

Pour elle, cela deviendra toutefois plus difficile de s’en procurer en 2027, même si tous ces chiens ne sont pas sortis d’affaire, comme l'explique Choi Taegyu, professeur d’Études des animaux et de la société et défenseur du droit des animaux.

« Le gouvernement, et même les associations [de défense des droits des animaux, NDLR] ne se sentent pas concernés par le bien-être des chiens. Si nous avons une opportunité de faire quelque chose pour ceux qui sont encore dans des fermes, même si cela veut dire les tuer, je pense que c’est notre dernière responsabilité vis-à-vis d’eux. Parce que les fermiers les abattent généralement de façon inhumaine, très cruelle, en utilisant de l’électricité. »

Les exploitants reçoivent une compensation du gouvernement - environ 450 dollars par chien épargné - et sont aujourd’hui encouragés à se tourner vers des alternatives comme la viande de chèvre.

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