
Bob Maghrib, groupe marocain né à Casablanca, réinvente le reggae de Bob Marley avec des instruments traditionnels. Depuis le festival Gnaoua d’Essaouira, Adil Hanine raconte comment cette fusion engagée relie le Maroc, l’Afrique et l’héritage du pape du reggae.
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Cette histoire hors du commun est née dans une maison de quartier à Casablanca, en 2011, en pleine révolution des Printemps arabes. Chanteur et batteur, Adil Hanine, longue barbe grise et regard pétillant, replonge, quinze ans après, dans ses souvenirs et la création du groupe Bob Maghrib :
« C’est initié par Icham Berhou lors d’une résidence artistique Tribute to Bob Marley avec des instruments et des sonorités originales marocaines. Ça représentait aussi ce qu’il se passait à l’époque au Maroc . C’était le 20 février 2011, juste après les fameux Printemps arabes. Il n’y a pas mieux pour parler de ce qu’il se passe. C’est intemporel, même aujourd’hui, si on prend les morceaux “War” ou “No More Trouble”, ça parle de ce qu’il se passe aujourd’hui. »
Icône dans le monde entier, Bob Marley a tissé tout au long de sa vie des liens avec le continent africain, en composant notamment la chanson « Zimbabwe » sur l’album Survival en 1979. Ces disques, diffusés partout, ont fini par arriver jusqu’aux oreilles d’Adil Hanine : « Mon oncle est venu à la maison. Il écoutait du Marley, du Hendrix, du Led Zeppelin, tous les groupes de rock des années 1970/1980. Et moi, je découvrais Marley. Je ne savais pas ce que c’était mais j’adorais la musique. Cette musique-là me faisait vibrer spécialement. »
Reggae et instruments traditionnels
Après une pause, les membres fondateurs de Bob Maghrib ont décidé de remonter le groupe. Toujours avec la volonté de jouer le reggae de Marley avec des instruments traditionnels et de défendre les valeurs de paix et d’unité.
Guembri, percussions, harpe s’entremêlent avec les lignes de basses massives et la batterie typique du reggae. Cette matière sonore donne une couleur marocaine et africaine très singulière à l’héritage de Bob Marley. Au point, pour Adil Hanine, de préférer, en toute humilité, le son de son groupe Bob Maghrib à celui de l’icône jamaïcaine : « Mon morceau préféré de Bob Marley, aujourd’hui, c’est celui que l’on joue nous, notre version : “Africa United”. Et maintenant quand j’écoute le morceau, avec toute la modestie du monde, ce que l’on a ramené, avec toute notre énergie quand on l’a réarrangé, pour moi, c’est la meilleure version du monde. »
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