
À Strasbourg, siège du Parlement européen, et à Bruxelles, siège des institutions européennes, la condamnation en appel de la cheffe de file de l'extrême droite française dans l’affaire des assistants parlementaires des eurodéputés FN suscite peu de réactions publiques. Si beaucoup de groupes politiques préfèrent rester prudents, les alliés du Rassemblement national ne manquent toutefois pas d'afficher leur satisfaction.
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À Bruxelles, le silence des institutions européennes contraste avec la satisfaction des alliés traditionnels du Rassemblement national (RN) au sein du groupe d’extrême droite Patriotes pour l’Europe au Parlement européen. Ces derniers voient en effet dans la fin de l’inéligibilité de Marine Le Pen et dans sa décision de se présenter à la présidentielle de 2027 en France une chance pour leur groupe politique de reprendre du poil de la bête après plusieurs revers électoraux en Europe, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Bénazet .
Le 23 mars dernier à Budapest, à la tribune de la grande assemblée des patriotes organisée par Viktor Orban, Marine Le Pen se tenait aux côtés du Premier ministre hongrois sortant, mais aussi du Néerlandais Geert Wilders et de l’Italien Matteo Salvini . Or, si la Ligue du Nord de ce dernier est toujours au pouvoir au sein de la coalition dirigée à Rome par Giorgia Meloni, Viktor Orban n’est lui plus Premier ministre. Quant à Geert Wilders, son Parti pour la liberté n'occupait déjà plus, il y a quatre mois, de fonction dirigeante au niveau national depuis qu'il avait décidé de quitter la coalition au pouvoir en juin 2025, provoquant du même coup la chute du gouvernement.
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Pour ces partis qui siègent dans le groupe des Patriotes pour l’Europe - le troisième de par sa taille au Parlement de Strasbourg - la candidature de Marine Le Pen représente donc un espoir de revenir sur le devant de la scène politique européenne. Ce mardi 7 juillet, Geert Wilders a posté en français « La nouvelle présidente de la France » sous une photo de Marine Le Pen. Viktor Orban a, pour sa part, salué « une victoire pour la France et [..] une lueur d'espoir pour les nations européennes éprises de liberté », quand Matteo Salvini a lui exulté, affirmant que « la parole passe des juges aux citoyens ».
La droite traditionnelle n’a pas commenté la décision
Reste que le groupe d'extrême droite Les Patriotes auquel appartient le RN n'a lui pas souhaité s'exprimer en tant que tel, rapporte Sophia Khatsenkova , notre envoyée spéciale à Strasbourg. Tout comme d'ailleurs le Parti populaire européen (PPE), le premier groupe au Parlement européen qui rassemble les partis de droite traditionnelle, qui a donné pour consigne à ses élus de ne pas commenter la décision de la justice française. De ce côté de l'échiquier politique, la seule réaction est venue du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CR), la droite conservatrice, dont le coprésident polonais, Patryk Jaki, a défendu Marine Le Pen dans une déclaration écrite. Selon lui, celle-ci « n'a jamais cessé de se battre pour ce qu'elle estime être l'intérêt de son pays ».
À gauche, l'eurodéputé allemand des Verts, Daniel Freund, a lui estimé au contraire que la condamantion de Marine Le Pen était beaucoup trop légère. « Je trouve que la peine n'est pas très sévère. 100 000 euros d'amende pour plus de 4 millions d étourn és... J'esp ère quand m ême que cela envoie le message clair qu'on ne se laisse pas faire. Et que si l'on d étourne de l'argent du contribuable europ éen, il y a condamnation et il y a des cons équences », a-t-il déclaré.
Au centre, l'Autrichien Helmut Brandstätter estime pour sa part que cette décision de justice ne suffira pas à empêcher de nouvelles dérives systémiques. « C'est un problème systémique. L’extrême droite déteste le système et l' Union européenne . C'est un parti qui estime avoir raison de détourner des fonds européens à d'autres fins. Je ne pense donc pas que cette décision les dissuadera. Seuls les électeurs peuvent empêcher ces partis de récidiver », a affirmé celui-ci.
À Strasbourg, si tout le monde évoquait en coulisses la condamnation de Marine Le Pen par la justice française, rares sont les eurodéputés qui souhaitaient s'exprimer publiquement.
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