
Des bombardements russes ont fait au moins quatorze morts lundi 6 juillet dans la région de Kiev, dont sept dans la capitale ukrainienne, où des journalistes de l'AFP ont fait état de dizaines d'explosions, à la veille d'un sommet de l'Otan à Ankara.
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« L'ennemi frappe avec des missiles balistiques », a écrit sur Telegram le chef de l'administration militaire de la capitale, Timour Tkatchenko. Ce lundi matin, les services d’urgence sont toujours à pied d’œuvre dans plusieurs quartiers de la capitale , rapporte notre correspondant à Kiev, Lucas Lazo . Un missile s’est abattu notamment sur un immeuble du quartier de Podil, au cœur de la ville, un quartier très apprécié de la jeunesse.
Dans le district Darnytsky, des débris ont touché un immeuble résidentiel de 25 étages, piégeant des personnes dans des étages supérieurs, selon le maire Vitali Klitschko. Un incendie a touché deux étages d'un autre immeuble d'habitation du quartier. Les secours fouillent les décombres à la recherche de blessés et d’éventuels survivants.
Ailleurs, dans le district Podilsky, des débris ont touché un immeuble de 21 étages et causé des « destructions partielles ». Un entrepôt a aussi pris feu dans le district Obolonsky, de même source. En périphérie de Kiev, dans le district de Boutcha, une personne a été tuée, a rapporté le chef de l'administration militaire régionale, Mykola Kalachnyk, accusant Moscou de frapper « une fois encore délibérément des civils et des infrastructures civiles ». Il dénombre 10 blessés dans la région.
Selon les premières informations disponibles, Moscou aurait tiré une vingtaine de missiles balistiques et hypersoniques, dans une nouvelle attaque combinée .
Kiev intensifie ses attaques contre le territoire russe
L'armée ukrainienne a poursuivi de son côté ses attaques de drones contre la Russie. La Russie dit avoir abattu 519 drones ukrainiens dans la nuit de dimanche à lundi au-dessus d'une vingtaine de régions et de la Crimée annexée, a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué.
En parallèle, la ville de Sébastopol, dans la péninsule de Crimée annexée par la Russie, est privée d'électricité lundi en raison d'une attaque ukrainienne sur des infrastructures énergétiques aux abords de la ville, a annoncé le gouverneur local nommé par Moscou, Depuis plusieurs semaines, l'armée ukrainienne a entrepris un blocus énergétique de la Crimée dont les forces russes ont pris le contrôle en 2014, en frappant des infrastructures et des camions-citernes l'approvisionnant. La péninsule a été placée en « situation d'urgence » fin juin, permettant de débloquer plus de moyens et ouvrant la voie théoriquement à la mise en place de restrictions visant la population locale.
De manière générale, Kiev intensifie dernièrement ses attaques contre le territoire russe et les régions occupées, et vise notamment des sites de production d'énergie pour tenter d'enrayer le financement de guerre de Moscou. Le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine, a rapporté tôt lundi que 11 drones avaient été détruits alors qu'ils se dirigeaient vers Moscou.
Des négociations dans l'impasse
L’Ukraine manque cruellement de moyens pour se défendre des missiles balistiques et hypersoniques. Kiev réclame en particulier des intercepteurs pour ses systèmes Patriot, l’un des rares dispositifs capables d’abattre les missiles russes. C’était le sens du message adressé ce dimanche soir par Volodymyr Zelensky , dans un message adressé aux Ukrainiens, mais aussi à ses partenaires occidentaux : livrer davantage de munitions de défense antiaérienne, « des munitions qui sauvent des vies ».
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté lundi ses alliés à prendre des « décisions fermes ». « Il est crucial que le monde, en premier lieu les États-Unis et nos partenaires européens, ressorte du sommet de l'Otan à Ankara avec des décisions fermes en faveur de notre défense antiaérienne et donc de la protection de la vie des gens ordinaires », a-t-il déclaré sur Facebook. Peu après, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a estimé que Kiev avait un « besoin urgent » de défense antiaérienne, promettant d'en discuter au sommet d'Ankara.
La question doit en effet être au cœur de la réunion de l’Otan prévu cette semaine dans la capitale turque alors que les négociations sont dans l'impasse. Le président américain Donald Trump doit rencontrer mercredi son homologue ukrainien en marge du sommet de l'Alliance, où des chefs d'État et des délégations de 32 pays sont attendus dès mardi.
À cette occasion, les pays européens de l'Otan et le Canada vont s'engager à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine en 2026 comme en 2027, a-t-on appris de sources diplomatiques.
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