
L'hommage public au guide suprême iranien Ali Khamenei a commencé officiellement ce samedi 4 juillet à Téhéran, où des milliers de fidèles ont afflué sur le site de ses funérailles nationales, aux allures de démonstration de force après la guerre contre Israël et les États-Unis.
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Ce qu'il faut retenir
► Des millions d'Iraniens sont attendus samedi à Téhéran pour rendre un dernier hommage au guide suprême Ali Khamenei , lors de funérailles nationales aux allures de démonstration de force après la guerre contre Israël et les États-Unis.
► D'une durée totale de six jours , avec un passage dans deux sanctuaires chiites en Irak, ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran. Les autorités iraniennes ont affirmé attendre entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran.
► Si des responsables d'une trentaine de pays , principalement voisins, sont attendus, aucun dirigeant européen n'a été convié . La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée .
🎧 Funérailles d'Ali Khamenei: «le régime veut montrer que les attaques israélo-américaines ne l'a pas déstabilisé»
La dépouille d'Ali Khamenei est exposée à Téhéran, dans un lieu très important de la République islamique, le complexe de la Mosala. Quel message ? Quels symboles ? Farhad Khosrokhavar, professeur émérite à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), est l'invité du jour.
La province de Téhéran sera fermée jusqu’à mardi pour faciliter les funérailles de Khamenei
Selon Iran international, le gouverneur de Téhéran, Mohammad Sadegh Motamediyan, a déclaré que toute la province serait fermée de samedi à mardi en raison des funérailles d'Ali Khamenei. Auparavant, la porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, avait indiqué aux médias locaux que le gouvernement avait déclaré mardi jour férié à Téhéran afin de faciliter le départ de la ville des personnes venues rendre hommage à l'ancien guide suprême.
Des personnes prient à Téhéran, en Iran, le 4 juillet 2026. © Murad Sezer/Reuters
📸[En images] Les Iraniens se pressent aux funérailles de Khamenei
Une foule d'Iraniens en deuil s'est rassemblée dans un vaste complexe de prière à Téhéran samedi, au seuil d'une semaine de cérémonies funéraires pour l'ayatollah Ali Khamenei qui a débuté par l'hymne national, des éloges funèbres et des lectures du Coran.
L'objectif du pouvoir est de démontrer l'attachement de la population à la République islamique et à la flamme révolutionnaire.
Des personnes brandissent des portraits du guide suprême iranien Ali Khamenei, à Téhéran en Iran, le 4 juillet 2026. © Mohammed Salem/Reuters
Des personnes assistent à une cérémonie d'hommage public en mémoire du guide suprême iranien Ali Khamenei, à Téhéran en Iran, le 4 juillet 2026. © Murad Sezer/Reuters
[Reportage] À Téhéran, dans le Grand Mosalla, auprès des soutiens du régime
La foule est imposante. Les femmes sont en tchador noir et les hommes en chemise et pantalon noirs, rapporte notre envoyé spécial à Téhéran, Sami Boukhelifa . Les drapeaux de l’Iran se mélangent à des drapeaux rouges aux références chiites. La résistance, l’histoire et la mémoire sont convoquées. Tout tourne autour du culte du martyr dans la culture chiite. Des chants religieux sont lancés pour enterrer son guide. La foule réclame : « Intiqam » (vengeance, ndlr).
« Je suis aussi triste que le jour où j’ai perdu ma mère », nous dit le jeune Roozbeh Najafi. « Alors il faut détruire Israël, poursuit-il, déterminé. C’est Israël qui a tué le guide suprême, pas les États-Unis ».
Pourtant la marée humaine rassemblée ici sous l’imposante arche du Mosalla crie : « Mort à l’Amérique ». « Écoutez, il est évident qu’Israël n’est que le chien enragé des Américains. Nous savons d’où viennent les ordres. Ce sont les Américains qui leur fournissent les équipements et les cibles militaires. Sans les Américains, ils ne peuvent rien faire », explique Mohsen Maasoumeh.
Mais attention, prévient le jeune partisan : « Comme le disait Ali Khamenei lui-même, lorsque nous disons mort à l’Amérique, nous ne visons pas le peuple américain, pas de confusion. Nous visons uniquement la politique, la dictature et l’impérialisme américains. »
Les commémorations vont durer trois jours ici dans la capitale. L’enterrement aura lieu le 9 juillet à Mashhad dans l’est du pays, ville natale d’Ali Khameneï.
🎥 À Téhéran, une visite de presse souis contrôle des sites culturels endommagés
Plus de quatre mois après le début de la guerre israélo-américaine contre l'Iran, la République islamique rouvre ses portes à la presse étrangère. Une ouverture très encadrée qui coïncide avec le début, ce samedi 4 juillet, des funérailles officielles du guide suprême Ali Khamenei, tué dès le premier jour du conflit. Téhéran en profite aussi pour montrer les dégâts subis par plusieurs sites culturels et historiques.
[Analyse] Obsèques du Guide : entre appels à vengeance et querelle d'héritage
« On voit plusieurs responsables politiques de la République islamique qui insistent sur la nécessité d'éliminer le Premier ministre israélien et le président américain en réponse à l'élimination du guide. Ces appels à la vengeance vont se multiplier tout en ayant une surenchère idéologique par rapport à son héritage », estime le chercheur Clément Therme, spécialiste de l'Iran.
Mais que faire de cet héritage ? Plus de confrontation avec les États-Unis et Israël qui ont échoué à faire chuter la République islamique ? Ou plutôt la voie diplomatique pour éviter le naufrage économique de l'Iran ? « Les plus pragmatiques disent que le meilleur moyen de se venger, ce sont des victoires diplomatiques et c'est de pouvoir vendre le pétrole. L'Iran a exporté 40 millions de barils depuis la signature de l'accord de principe avec les États-Unis, mais en même temps on voit la difficulté du système à accepter de traiter avec, entre guillemets, l'ennemi américain et le responsable de l'élimination du guide, Ali Khamenei », ajoute Clément Therme.
Celui qui pourrait arbitrer cette querelle d'héritage, c'est le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei. Mais il reste invisible et silencieux, probablement grièvement blessé dans le bombardement qui a tué son père le 28 février.
🎧 [Reportage] Au delà des frontières de l’Iran, c’est un évènement très suivi dans l’ensemble du monde chiite, notamment au Liban
Dans la rue Basta, des posters à l’effigie de ceux qu’on appelle ici des martyrs, des combattants du Hezbollah côtoient des portraits de Mojtaba Khamenei, le fils d’Ali Khamenei et … des drapeaux de la Coupe du monde de football. Mohamed Safouan est déplacé dans une école. Il vient d'Adaïsse, un village frontalier d’Israël, complètement rasé. « C’est un évènement très important. Il est notre leader, on ne l’oublie pas. C’est quelqu’un de très important pour nous, il nous a défendus. Sans lui, on serait mort », confie-t-il au micro de notre correspondante à Beyrouth, Sophie Guignon .
Hussein Abdallah, habitant de la banlieue sud, durement frappée par les bombardements israéliens, compte bien suivre les funérailles du guide suprême iranien à la télévision. « Nous avons cette relation avec l’Iran car nous avons un ennemi commun qui est l’ennemi sioniste israélien. Ils nous ont aidés à défendre notre terre, notre patrie, notre honneur », affirme-t-il.
Pour d’autres, comme Aïssa Mabrouk, épicier, l’important est ailleurs : « Ils vont faire ses funérailles, et puis ce sera une affaire close. Pourquoi je devrais m’apitoyer sur lui. Ceux qui sont morts sont morts. C’est du passé. Espérons surtout que l’avenir soit meilleur. »
Un avenir toujours hanté par la guerre. Ce mercredi, veille de l’enterrement d’Ali Khamenei, le Hezbollah appelle ses fidèles à un rassemblement.
Des fidèles appellent à la «vengeance» devant le cercueil d'Ali Khamenei
« Nous ne sommes pas là pour un enterrement mais pour une vengeance », s'écrie un laudateur devant des fidèles en pleurs. Parmi les fidèles, on compte de nombreuses personnes d'apparence conservatrice: des femmes en tchador et des hommes vêtus de noir. Certains sont venus en famille avec leurs enfants.
Deux rangées de drapeaux iraniens entourent le cercueil de Khamenei exposé sous le dôme de l'immense Mosalla, conçue pour les prières. Les murs du site sont couverts de grands portraits de l'ayatollah Khamenei, à différentes périodes de sa vie, notamment lorsqu'il accompagnait des soldats sur le front lors de la dévastatrice guerre contre l'Irak (1980-1988).
Des chants religieux et patriotiques ajoutent de l'émotion, tandis que des fidèles se recueillent à même le sol. Comme le veut la tradition dans l'islam chiite, beaucoup se frappent la poitrine en signe de deuil.
Par intermittence, de l'eau est pulvérisée sur la foule alors que les températures devraient dépasser dans la journée les 35°C.
Une femme tient une pancarte représentant le président américain Donald Trump où il est écrit « Il y aura du sang », à Téhéran, en Iran, le 4 juillet. © Majid Asgaripour/Reuters
📸[En images] Des milliers d'Iraniens affluent sur le site des funérailles
Une femme tient un portrait de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février lors de frappes aériennes israéliennes et américaines, à Téhéran en Iran, le 4 juillet 2026. © Mohammed Salem/Reuters
Des milliers de personnes rendent un dernier hommage au guide suprême iranien Ali Khamenei, le 4 juillet 2026. © Murad Sezer/Reuters
Un homme pleure lors d'une cérémonie d'hommage public en mémoire du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le 4 juillet 2026. © Mohammed Salem/Reuters
L’Iran n’a pas dévoilé la liste complète des États invités
Parmi les puissances mondiales et régionales présentes figurent la Russie, la Chine, la Turquie, l’Inde et le Pakistan. Les délégations étrangères sont accueillies depuis vendredi avec les honneurs militaires, rapporte notre envoyé spécial à Téhéran, Sami Boukhelifa . Une à une, elles pénètrent ici dans le Grand Mosalla de Téhéran. « Mosalla » signifie « lieu de prière ». En réalité, c’est bien davantage : c’est un immense complexe religieux, politique et culturel. Le décor des grandes cérémonies de la République islamique.
Tout est parfaitement orchestré. Tout est millimétré. La télévision d’État retransmet la cérémonie en direct. Tapis rouge, un cercueil aux couleurs du drapeau iranien, sur lequel trône un turban noir soigneusement déposé... L’ensemble repose sur une estrade. En contrebas, les délégations s’avancent, s’arrêtent quelques secondes, saluent la dépouille de l’ancien guide suprême lors d'un ultime hommage, alors que des versets du Coran sont diffusés.
Plusieurs monarchies du Golfe se font remarquer par leur présence : l’Arabie saoudite, le Qatar et le sultanat d’Oman. Pourtant, leur territoire a été visé par les missiles iraniens pendant la guerre contre Israël et les États-Unis. Téhéran assume, mais précise : « Nous n’avons jamais visé les populations ni les gouvernements de ces pays. Notre cible, ce sont uniquement les bases américaines déployées dans le Golfe . »
Le message est aussi diplomatique. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien le revendique ouvertement : « Nous avons invité les pays qui sont du bon côté de l’histoire. Pas ceux qui ont soutenu l’agression militaire des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. »
Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, rend hommage au guide suprême iranien défunt, l'ayatollah Ali Khamenei, à Téhéran (Iran), le 3 juillet 2026. © Oleg Molchanov/Sputnik/Reuters
La télévision d'État annonce le début officiel de l'hommage public à Khamenei
La télévision d'État iranienne a annoncé samedi vers 02H30 TU le début de l'hommage public à Ali Khamenei, alors que des milliers de fidèles affluent dans l'enceinte du site où sa dépouille sera exposée, selon des journalistes de l'AFP.
Venus dès l'aube et vêtus pour la plupart de noir, nombreux sont ceux à brandir des drapeaux chiites rouges avec l'inscription « Martyr ». Selon un journaliste de l'AFP, certains participants ont scandé « Revanche » mais aussi « Mort à l'Amérique, mort à Israël », un slogan régulièrement entendu dans les rassemblements officiels.
Une foule de fidèles commence à affluer à l'intérieur du site des obsèques d'Ali Khamenei
Plusieurs milliers de fidèles, la plupart vêtus de noir, affluaient samedi matin à Téhéran dans l'enceinte du site des funérailles d'Ali Khamenei qui doivent débuter à 02H30 TU, a constaté un journaliste de l'AFP.
D'importantes restrictions de circulation ont été imposées dans toute la capitale iranienne. Un autre journaliste de l'AFP a vu des personnes parcourir plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre le site.
Des personnes se rassemblent le jour d'une cérémonie publique d'adieu pour rendre hommage au guide suprêmeAli Khamenei, tué le 28 février lors de frappes aériennes israéliennes et américaines, à la Grande Mosalla de l'imam Khomeini, à Téhéran, en Iran, le 4 juillet 2026. © Mohammed Salem/ Reuters
Bonjour à toutes et tous !
Bienvenue dans ce live consacré aux funérailles de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei. Des millions d'Iraniens sont attendus ce samedi à Téhéran pour rendre un dernier hommage au guide suprême Ali Khamenei, lors de funérailles nationales aux allures de démonstration de force après la guerre contre Israël et les États-Unis.
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