EN DIRECT - 250 ans des États-Unis: Donald Trump transforme les célébrations en démonstration politique

EN DIRECT - 250 ans des États-Unis: Donald Trump transforme les célébrations en démonstration politique

Les festivités marquant le 250ᵉ anniversaire de l'indépendance américaine se sont intensifiées à travers les États-Unis ce vendredi à la veille du 4 juillet. Donald Trump a lancé les célébrations au pied du Mont Rushmore et fait tout pour transformer cet anniversaire en une célébration de sa propre personne.

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Ce qu'il faut retenir

► À la veille du 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, Donald Trump s'est exprimé vendredi soir sous les visages de granit de quatre de ses prestigieux prédécesseurs à la présidence américaine, au mont Rushmore, dans un discours très idéologique sur l'identité américaine victime d'une « nouvelle offensive » et de « la résurgence de la menace communiste » .

► Donald Trump est bien décidé à s'attribuer le premier rôle à Washington lors de ces célébrations et transforme l'événement en démonstration politique . Un sondage de l'université Quinnipiac montre jeudi que 61 % des Américains estiment que les États-Unis ne sont pas à la hauteur des idéaux énoncés dans la Déclaration d'indépendance de 1776.

► À un moment supposé d'unité nationale, l'Amérique sous Donald Trump est profondément divisée . La cote de popularité du président frôle ses plus bas niveaux, plombée par la guerre en Iran et le coût de la vie. Sa vaste offensive anti-immigration et ses tentatives d'élargir les pouvoirs présidentiels sont vivement critiquées par l'opposition démocrate alors que les élections de mi-mandat approchent à grands pas.

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Sur les plaques de la rue parisienne qui lui est dédiée, il est écrit : « Héros de la guerre d'indépendance américaine de 1777 à 1782 ». Malgré sa longue carrière politique en France, des deux côtés de l'Atlantique, le marquis de La Fayette incarne surtout les origines de l'amitié entre Paris et Washington, aujourd'hui malmenée.

🎧 [Reportage] Le 250e anniversaire des États-Unis vu du côté britannique

Comment raconter une guerre d’indépendance quand on a perdu treize de ses colonies ? Graham Moore, commissaire de l’exposition American Story aux Archives nationales, a adoré relever le défi. « Ce n’est pas vraiment une période de l’histoire avec un gagnant et un perdant. D’ailleurs, côté britannique, à l’époque on pense que la révolution va faire long feu, qu’il s’agit d’une nouvelle guerre civile, de tensions entre Anglais », explique Graham Moore au micro de notre correspondante à Londres, Emeline Vin .

Parmi les documents, les textes de loi qui ont nourri la révolte, des rapports de la Royal Navy, et les journaux de loyalistes noirs. Une manière de contourner le caractère politique, clivant de la commémoration. « Nous avons des points de vue variés : des nations indigènes, de personnes esclavagisées ou l’ayant été. Cela permet de voir comment cette période a affecté les gens comme vous et moi », continue-t-il.

Assez peu d’évènements « commémorent » le 4 juillet de ce côté de l’Atlantique, regrettent Gary et Julie, passionnés d’histoire : « Pour l’Empire britannique, ce n’était qu’une guerre de plus. Il s’est replié sur le Canada puis s’est concentré sur l’Inde . Dans le contexte général, ce n’est pas un évènement majeur pour le Royaume-Uni, du moins pas autant que dans le monde de Donald Trump, à Washington. »

L’exposition ne comporte aucune référence au locataire actuel de la Maison Blanche, qui compte faire de l’anniversaire une célébration nationaliste.

🎧 [À écouter] Christopher Weissberg : «Aujourd'hui, les États-Unis ne sont plus un allié»

🎧 [Analyse] Pour Agnès Delahaye, professeur d'histoire et de civilisation américaine à l'université Lumière à Lyon, Donald Trump veut imposer son Amérique

« L'Amérique blanche à l'exclusion totale des minorités politiques que sont les personnes de couleur et les femmes. L'Amérique qu'il défend, c'est une Amérique du ressentiment anti-intellectuel puisqu'il s'agit évidemment d'effacer 50 ans d'histoire sociale, continentale, sur ce qu'a été ce développement américain. Certes, en 1776 et même en 1789, la démocratie américaine n'existe pas au sens où elle est réservée aux hommes blancs, propriétaires et riches. Mais c'est grâce aux luttes sociales du XIXᵉ et du XXᵉ siècle qu'en 1965, la démocratie américaine a vraiment existé. On voit les images ces jours-ci de sa grande foire américaine. On voit bien l'échec de cette réécriture. Il y a très peu de visiteurs, il y a sept États qui n'ont pas voulu participer. Cette vision violente et raciste de ce qu'est l'Amérique, à mon sens, ne prendra pas le dessus »

🎧 [Reportage] À Philadelphie, ambiance mitigée pour les 250 ans de la Déclaration d'indépendance des États-Unis

Les États-Unis célèbrent ce samedi 4 juillet les 250 ans de leur indépendance. Une fête nationale que le président Donald Trump veut grandiose et qu'il a transformée en une manifestation partisane à sa propre gloire. Le coup d'envoi de ces festivités a été lancé il y a déjà plusieurs semaines, avec des événements organisés dans tout le pays. C'est à Philadelphie que la Déclaration d'indépendance a été signée le 4 juillet 1776. Mais à l'approche de l'anniversaire, la ferveur est pour le moins contenue.

🎥 250e anniversaire des États-Unis : le 4 juillet version Trump

250 bougies et un pays qui fond : les États-Unis au bord du coup de chaud

Canicule historique sur les célébrations des 250 ans d’indépendance : New York, Washington, Chicago et Boston suffoquent. Jusqu’à 45°C ressentis, des dizaines de records battus et 60 millions d’habitants concernés. À Washington, l’ouverture des festivités est retardée, points d’eau et dispositifs médicaux renforcés. Les autorités appellent habitants et touristes à limiter le temps passé dehors et à bien s’hydrater pendant les célébrations

🎧 [À écouter] Donald Trump et la captation de l'anniversaire de l'indépendance américaine

[À lire aussi] 250 ans des États-Unis: les héros oubliés de la révolution américaine

Si 250 ans après la déclaration d'indépendance, tout le monde connaît les noms de George Washington ou de Benjamin Franklin, la révolution américaine est aussi peuplée de héros méconnus. Certains sont issus de minorités marginalisées et pourtant constitutives de l’histoire des États-Unis : femmes du peuple ou de la haute société, leaders autochtones, esclaves afro-américains. Petit tour d’horizon.

Le pape Léon XIV rappelle à quel point les «vagues successives d'immigrants» ont façonné les États-Unis

La veille du 4 juillet, le pape Léon XIV a appelé les États-Unis à la « modération » dans le débat public et au « respect des opinions d'autrui » lors d'un discours adressé à la veille du 250ᵉ anniversaire de leur indépendance.

Le souverain pontife, natif de Chicago, a exhorté les Américains à trouver un « terrain d'entente » et à cultiver l' « unité », tout en soulignant la manière dont les « vagues successives d'immigrants » ont « façonné l'avenir du pays », dans une vidéo diffusée en direct au National Constitution Center de Philadelphie. « J'espère que cette tradition continuera de porter ses fruits dans un débat public empreint de modération, de respect pour les opinions d'autrui et d'une volonté constante de trouver un terrain d'entente pour promouvoir la cause de la paix et de la réconciliation », a-t-il déclaré.

Le pape, qui a reçu la « Liberty Medal » du National Constitution Center 2026, la portait autour du cou lors de son discours. Cette médaille en or distingue chaque année des personnalités ou des organisations engagées dans la défense de la liberté, des droits humains, de la démocratie ou de la dignité humaine.

S'il ne cite jamais directement Donald Trump, ce discours semble faire référence à certaines positions du président américain, auquel Léon XIV s'est opposé à maintes reprises ces derniers mois, critiquant notamment la sévère répression de l'immigration aux États-Unis ainsi que la guerre contre l'Iran.

🎧 [Reportage] Le coup d'envoi de ces festivités a en réalité été lancé il y a déjà plusieurs semaines, avec des événements organisés dans tout le pays

Nous sommes à Dickson City, en Pennsylvanie, dans un cinéma en plein air où les républicains du comté de Lackawanna ont choisi de fêter à leur façon ces 250 ans. Au programme : un défilé de motos, des concerts, une exposition de voitures et au micro, Dan Naylor, le président de la section locale du parti conservateur. « Et souvenez-vous : on est le plus grand pays au monde... C'est ce que nous pouvons célébrer aujourd'hui », lance-t-il.

Dans les allées, des visiteurs de tous âges, tee-shirts aux couleurs des États-Unis ou floqués du mot « liberté ». Scott, lui, se défend de tout soutien au camp républicain. « On est juste venus jeter un coup d'oeil, admirer les voitures. Je ne suis pas fan de la situation politique actuelle. Je pense qu'on traverse une mauvaise passe », raconte-t-il au micro de notre journaliste François-Damien Bourgery .

Parmi les critiques adressées à l'administration Trump : la volonté d'imposer sa propre vision de l'Amérique, blanche et chrétienne. Une critique balayée par JoAnne Mayer, l'organisatrice de cette journée : « Je ne vois pas les couleurs. On est une nation fondée par des immigrés et on a tous le sang rouge. »

Une ode à l'unité qui peine à masquer la réalité d'un pays fracturé.

La Statue de la Liberté s'offre un son et lumières avec la Patrouille de France pour les 250 ans des États-Unis

La Statue de la Liberté est au centre, pour la première fois de son histoire, d'un spectacle musical et visuel créé à l'initiative de la France pour célébrer les 250 ans des États-Unis, qui sera diffusé vendredi soir sur les chaînes du groupe Disney. Le DJ et producteur français Michael Canitrot a concocté ce show d'une quinzaine de minutes, destiné à mettre en valeur la célébrissime statue offerte par la France il y a 140 ans et qui trône dans la baie de New York. Il sera diffusé en France dimanche sur la chaîne France 2.

Le spectacle à New York a notamment nécessité l'autorisation spéciale du Service des parcs nationaux, puissante administration fédérale qui gère de nombreux monuments, au terme d'une discussion qui a duré plusieurs mois entre les autorités américaines et françaises.

À l'origine du projet, le consul général de France à New York, Cédrik Fouriscot, qui considère ce spectacle comme l'illustration de « l'importance des alliances ». Dans un contexte de « tensions géopolitiques fortes », quand « la France et les États-Unis sont ensemble et créent des choses ensemble, comme la Statue de la Liberté ou comme ce show, ça peut devenir inoubliable », a-t-il soutenu.

Rythmé par de la musique techno, avec des jeux de lasers semblant mettre en mouvement la statue, il avait été enregistré mercredi soir devant quelque 250 invités, dont le ministre américain des Finances Scott Bessent et le patron de la banque JPMorgan Chase, Jamie Dimon. Peu avant, la Patrouille de France (PAF) a survolé le monument pour déployer des fumigènes aux couleurs du drapeau tricolore. En mission aux États-Unis depuis plusieurs semaines, la PAF doit rentrer en France le 5 juillet, au lendemain de la fête nationale américaine.

Retrouvez le témoignage du général de l'armée de l'Air Pierre Gaudillière, à la tête du détachement et au micro de Franck Alexandre ⤵️

Pour le 250e anniversaire des États-Unis, le maire de New York prononce un discours ouvert aux migrants

Le maire de New York, Zohran Mamdani a prononcé un discours en vidéo pour les 250 ans des États-Unis, entouré de citoyens récemment naturalisés de New York, une métropole d'environ neuf millions d'habitants où l'on parle plus de 200 langues différentes.

Le maire lui-même est un citoyen naturalisé depuis 2018. Il a exhorté son auditoire à rejeter ces forces « puissantes » qui prônent un pays où « la liberté n'est accordée qu'à une poignée d'élus et où tous ne naissent pas égaux ». « Pour eux, l'Amérique s'amoindrit à mesure qu'elle accueille de nouvelles personnes. L'Amérique, vous diront-ils, n'appartient qu'à ceux qui ont le bon accent ou la bonne couleur de peau », a déclaré Zohran Mamdani.

🎧 [À écouter] 250 ans des États-Unis ou la réécriture de l’histoire américaine façon Trump

Le 4 juillet, ce n’est pas son anniversaire mais Donald Trump fait comme si c’était le cas. Les États-Unis célébreront, ce samedi, les 250 ans de la déclaration d’Indépendance, signée le 4 juillet 1776.

Donald Trump transforme la fête nationale en démonstration politique

Depuis un an, le président américain fait tout pour que les célébrations soient surtout à propos de lui. Protégé par une vitre pare-balles, Donald Trump a fait un discours au Mont Rushmore devant les visages gravés dans la pierre de quatre de ses prédécesseurs : Washington, Jefferson, Lincoln et Roosevelt, rapporte notre correspondant à New York, Gwendal Lavina . En 2017, il avait dit qu’il aimerait bien y être ajouté. La Maison Blanche affirmait très sérieusement ce vendredi « qu’il n’y aurait pas de meilleure option possible ».

Le président a vanté son action plutôt que de proposer un discours rassembleur, dénonçant une menace communiste résurgente et une offensive contre l’identité américaine. Ce sera probablement pareil ce samedi soir à Washington.

Mais ce n’est pas une surprise : Donald Trump a politisé toutes les festivités pour les 250 ans de l’indépendance. Que ce soient les combats de MMA sur la pelouse de la résidence présidentielle le jour de son anniversaire, la grande foire dans la capitale qui est un échec cuisant en terme de fréquentation ou encore une prière géante pour rechristianiser le pays.

Pour Donald Trump, ces célébrations sont davantage à propos de lui qu’à propos des États-Unis, ce qui fait beaucoup réagir. De nombreux Américains expriment leur scepticisme, voire leur colère, contre le comportement de Donald Trump. Même certains de ses supporters dénoncent un nombrilisme du président, auquel on est pourtant habitués de sa part. Mais pour une fête aussi importante, il faut croire que c’est trop.

Les démocrates sont aussi évidemment en colère et accusent le président d’avoir détourné les célébrations dans son propre intérêt. Les élus au Congrès ont d’ailleurs publié un rapport de 55 pages intitulé « De la vanité à la folie, comment la Maison Blanche a privé les Américains de leur 250ᵉ anniversaire ».

Donald Trump dit que l'identité américaine subit une «nouvelle offensive» de radicaux et d'extrémistes sur son sol

Donald Trump a affirmé vendredi que l'identité américaine subissait sur son sol ce qu'il a décrit comme une « nouvelle offensive » venant de « radicaux et d'extrémistes », lors d'un discours depuis le Mont Rushmore, à la veille des 250 ans des États-Unis.

« À l'approche de ce magnifique anniversaire, nous voyons notre identité américaine face à une nouvelle offensive. (...) Il y a une résurgence de la menace communiste sur notre sol », a déclaré le président américain.

Le président américain Donald Trump prononce un discours lors d'une cérémonie marquant le 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis, au Mont Rushmore, à Keystone, dans le Dakota du Sud, aux États-Unis, le 3 juillet 2026. © Kylie Cooper/ Reuters

Bonjour à toutes et tous !

Bienvenue dans ce live consacré au 250ᵉ anniversaire de l'indépendance des États-Unis. Donald Trump lance vendredi 3 juillet dans la soirée (heure outre-Atlantique), les festivités par un discours au pied de l'emblématique Mont Rushmore et ses quatre visages présidentiels.

Le Marine One, à bord duquel se trouve le président américain Donald Trump, survole le Mont Rushmore à Keystone, dans le Dakota du Sud, aux États-Unis, le 3 juillet 2026. © Kylie Cooper/ Reuters

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