Oman–France: des signatures de contrats qui récompensent la compétitivité française

Oman–France: des signatures de contrats qui récompensent la compétitivité française

La première visite d'État en France, lundi 29 juin 2026, du sultan d'Oman Haitham ben Tarik, dont le pays est riverain du détroit d'Ormuz, s'est traduite par une série de contrats pour des groupes français, marquant la volonté des deux pays de renforcer leur coopération au sortir de la guerre dans la région. Parmi eux, le groupe Suez et le géant français de l’électricité EDF.

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« Je suis impatient de coopérer plus et de développer notre relation », des « transports à l'énergie et de la défense à l'espace », a déclaré le président Emmanuel Macron lors d'un forum d'affaires franco-omanais à Paris, en appelant aussi à plus d'investissements du sultanat en France . Un appel auquel le sultan a répondu présent : « Nous ouvrons nos portes à tous les nouveaux partenaires d'affaires », a-t-il dit.

Avec en toile de fond tout l'enjeu de la réouverture du détroit d' Ormuz , pour lequel l'Iran envisage un péage, contre l'avis d' Oman , autre pays riverain, comme des États-Unis et des Européens. Le président français et le sultan ont plaidé depuis Paris pour une « navigation libre, sans conditions ni restrictions » dans le détroit et convenu d'y mener des « opérations de déminage conjointes », s'attirant les foudres de Téhéran qui a sommé la France de « ne pas compliquer la situation ».

Dans le sillage de cette visite, le groupe Suez a remporté un des plus gros contrats de son histoire à Oman, dans la gestion de l'eau. D’un montant de deux milliards d'euros sur 15 ans, le contrat « couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement pour  43% de la population du Sultanat d'Oman », précise Suez. Il a été signé en même temps qu'un autre contrat majeur, cette fois au bénéfice d’EDF pour 3 milliards de dollars.

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Des contrats financiers aux contenus politiques

« Il est évident qu'il s'agit de contrats financiers énormes. La compétitivité des entreprises françaises qui ont gagné ces marchés, elle est établie », analyse Marc Lavergne, docteur en géographie, spécialiste des questions de développement économique et social, et des crises et conflits au Moyen-Orient et dans la Corne de l’Afrique.

Mais pour lui, ces contrats portent aussi un « message » politique. D’un côté, un signal « sans doute négatif à l’égard des États-Unis et de ceux qui suivent la ligne américaine dans la région, et donc, d’une certaine manière aussi d’Israël », alors que le sultanat d’Oman a toujours voulu conserver « un profil équilibré » dans les conflits au Moyen-Orient. De l’autre, une appréciation de la position de la France, voire « un encouragement à la France à prendre des positions plus fermes dans ces débats et ces conflits qui détruisent actuellement la région ».

Ce message, conclut-il, a un contenu politique, « mais il ne faut pas oublier non plus la dimension financière, qui est un hommage rendu à la compétence et à la compétitivité de la France ».

Marc Lavergne, docteur en géographie, spécialiste des questions de développement économique et social, et des crises et conflits au Moyen-Orient et dans la Corne de l’Afrique.

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