
Le bilan du double séisme survenu mercredi 24 juin au Venezuela ne cesse de s'alourdir. Il fait désormais état de 1 450 morts, de dizaines de milliers de personnes toujours portées disparues et de 189 immeubles entièrement effondrés. Face à l'ampleur de la catastrophe, l'aide s'organise dans plusieurs pays d'Amérique latine, notamment au Pérou et en Colombie, où les communautés vénézuéliennes se mobilisent pour venir en aide aux sinistrés.
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Au Pérou , où vivent plus d'un million et demi de réfugiés vénézuéliens, les initiatives de solidarité se multiplient. Dans un parc de Lima, les colis s'empilent. Les gens sont venus avec des drapeaux et des maillots de football du Venezuela pour participer à la collecte, témoigne notre correspondant à Lima, Martin Chabal .
« Là, on reçoit de tout, mais surtout des médicaments, du matériel médical, ainsi que des vivres de première nécessité », explique Miguel Angel Zamora, l'un des responsables d'une association de réfugiés vénézuéliens.
À ses côtés, David Guilarte n'a pas hésité à venir prêter main-forte, malgré le drame qui a frappé sa propre famille. « Ils ont retrouvé mon cousin, sa femme et leurs deux enfants sans vie sous les décombres. Mais je n'ai même pas eu le temps de digérer cette information et de pleurer, parce qu'il faut tout de suite aider », confie-t-il.
Ces collectes sont aussi l'occasion de rassembler les Vénézuéliens réfugiés au Pérou. Charlys est venu déposer des médicaments. « C'est très dur d'être loin de son pays pendant ce genre de tragédie , cela fait mal. Mais entre nous, ici, on est une grande famille et notre pays a besoin de nous. »
À côté des grands sacs de vêtements et de médicaments , de nombreux Vénézuéliens s'enlacent. Certains pleurent. D'autres se réunissent pour prier.
En Colombie, la plus importante communauté vénézuélienne au monde
En Colombie aussi, la solidarité s'organise pour venir en aide aux victimes des séismes. Le pays accueille la plus importante communauté vénézuélienne au monde, avec plus de 2,8 millions de personnes selon les chiffres de Migracion Colombia en 2025. La ville de Medellin en compte à elle seule près de 250 000. Dès le lendemain de la catastrophe, la communauté vénézuélienne s’est mobilisée pour venir en aide à leurs proches
Dans un hangar de la zone industrielle de Medellin, écrit notre correspondante sur place, Najet Benrabaa , Mika Petrocelli ferme les derniers cartons de la journée avec de l’adhésif. À l'intérieur : des vêtements, des produits d'hygiène et des denrées alimentaires. Cette Vénézuélienne vit à Medellin depuis un an pour étudier le cinéma et le théâtre. Elle est bouleversée : « Nous sommes ici pour aider et parce que moi personnellement, étant loin, j’ai un grand sentiment de culpabilité. Donc, s’il est possible d’aider, même à distance, c’est là que je serai et je sais qu’il y aura beaucoup de Vénézuéliens. »
Autour d'elle, des dizaines de bénévoles s'activent. Parmi eux, Joffre Chacon. Il charge le premier camion qui doit prendre la route vers la frontière colombo-vénézuélienne : « Tout a été monté littéralement en quelques heures. En clair, on a suggéré l’idée à 10 heures du matin le jeudi, et déjà à 20 heures, nous avions constitué une armée prête à agir. J’aimerais être là-bas, mais c’est mieux pour nous rester ici, et d’envoyer de l’aide avec notre salaire. »
Quelques mètres plus loin, Arles Pereda, le président de la Colvenz, l'association des Vénézuéliens de Colombie, téléphone à l'oreille, finalise l'itinéraire du convoi : « Nous avons environ 17 points de collecte. Ici, il y a environ vingt tonnes d’aide humanitaire. Et il ne s’agit pas de faire des dons que maintenant, mais d’être constant. Cette situation d’urgence va durer au moins jusqu’en décembre. »
Dans ce hangar, tous les bénévoles partagent la même conviction : ce n’est que le début de la mobilisation.
Au Venezuela, après la terrible catastrophe du tremblement de terre, les habitants demandent des comptes aux autorités. Ils se sentent abandonnés. Pour eux, le gouvernement n’a pas réagi comme il aurait dû.
Après la stupeur, la colère, écrit notre correspondante au Venezuela, Alice Campaignolle . A la Guaira, où le séisme a fait le plus de dégâts, les habitants se sentent livrés à eux-mêmes. Dans certains quartiers excentrés, l’aide officielle n’est jamais arrivée. Isabel est assise devant son immeuble détruit : « Pas de policier, pas de militaire, pas d’ambulance, rien de rien. Nous sommes tout seuls, à survivre comme nous pouvons. Pas non plus de représentants du gouvernement. »
La frustration, accumulée à la fatigue et au désespoir crée des tensions, et les altercations se multiplient, Bianca raconte comment elle a dû forcer les secours à intervenir dans les débris de son immeuble : « On s’est planté devant les engins de chantier pour qu’ils nous aident. Alors, on a pris les clefs aux conducteurs, on leur a dit qu’évidemment ce n’était pas de leur faute, mais que ce que l’on réclamait c’est qu’ils nous aident à faire tomber des murs, car à la main c’était impossible. Notre haine, à nous les gens qui avons perdu quelqu’un, c’est de nous dire que peut-être ils auraient pu être sauvés. Ou peut-être pas, on ne le saura jamais. »
Si hier, quatre jours après le désastre, et malgré la chaleur et la déshydratation, des survivants étaient encore découverts, ils sont malheureusement de moins en moins nombreux et ce sont désormais - en majorité - des cadavres qui sont extraits des décombres.
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