EN DIRECT – Liban: fragilisé par les frappes israéliennes, l’accord-cadre avec Israël ravive une fracture politique

EN DIRECT – Liban: fragilisé par les frappes israéliennes, l’accord-cadre avec Israël ravive une fracture politique

Donald Trump a affirmé, ce lundi 29 juin, sur sa plateforme Truth social que les autorités iraniennes avaient « demandé une réunion », qui se tiendrait selon lui mardi à Doha, quelques heures après que Téhéran a démenti la même information. Le Qatar est médiateur, avec le Pakistan, dans les pourparlers entre les deux pays visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

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Ce qu'il faut retenir

► Incertitude , ce 29 juin, sur la tenue d'une réunion, ce mardi au Qatar.  « L'IRAN A DEMANDÉ UNE RÉUNION. ELLE AURA LIEU DEMAIN À DOHA », a assuré le président américain sur Truth Social. Les Iraniens ont démenti.

► Le ⁠secrétaire ​d'État américain ​ Marco Rubio a annoncé vendredi un accord-cadre ​entre ‌Israël ⁠et le Liban ‌après des pourparlers organisés ⁠à Washington. Le chef du Hezbollah a fustigé cette décision samedi 27 juin, la qualifiant de « grave erreur » et estimant que le Liban « légitime » l'occupation israélienne. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu y voit lui un « coup porté » à l'Iran et au Hezbollah.

► Le chef du Parlement libanais, Nabih Berri, allié au Hezbollah pro-Iran, a lui affirmé dimanche 28 juin que cet accord « ne sera pas adopté » et « ne sera pas mis en œuvre dans sa forme actuelle », estimant qu'il ne garantit pas les droits de son pays. De son côté, le Hezbollah a déclaré se réserver le droit de « défendre sa patrie » après de nouvelles frappes d'Israël dans le sud du Liban, dimanche 28 juin.

► Vendredi 26 et samedi 27 juin, l'armée américaine a mené ​des frappes sur l'Iran en réponse ​à ​des attaques menées par Téhéran ​contre des navires marchands dans le détroit ⁠d'Ormuz. Les Gardiens de la Révolution ont répondu en bombardant des positions militaires américaines dans la région du Golfe, notamment le Koweït et Bahreïn.

Dans le détroit d'Ormuz, le trafic maritime a ralenti ce week-end

Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz a ralenti au cours du week-end après qu'un pétrolier a été touché par un projectile samedi. Une nouvelle série de frappes entre les États-Unis et l'Iran est aussi venue fragiliser leur accord préliminaire visant à mettre fin au conflit.

Au total, 29 navires transportant des matières premières ont franchi le détroit samedi 27 juin et 12 dimanche 28 juin, selon les données de la société de suivi maritime Kpler. Le chiffre de dimanche marque un net recul par rapport à la période ayant suivi la signature du protocole d'accord entre Téhéran et Washington le 15 juin, qui avait porté le trafic à son plus haut niveau depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, avec 70 traversées recensées mercredi, selon Kpler.

Samedi, un pétrolier a été touché par un projectile non identifié dans le détroit d'Ormuz qui a endommagé sa passerelle sans faire de victimes, selon l'agence maritime britannique UKMTO. Les faits sont survenus après les premiers échanges de frappes entre les Etats-Unis et l'Iran depuis la conclusion du protocole d'accord. Après cet incident, des navires ont continué pendant plusieurs heures à utiliser un couloir sud traversant les eaux omanaises, avant que le trafic ne semble ralentir, selon le site MarineTraffic, propriété de Kpler.

Trump affirme de son côté que «l'Iran a demandé une réunion», prévue selon lui mardi à Doha

Ce lundi 29 juin, Donald Trump a affirmé sur sa plateforme Truth social que les autorités iraniennes avaient « demandé une réunion », qui se tiendra selon lui mardi à Doha, quelques heures après que Téhéran a démenti la même information. « L'IRAN A DEMANDÉ UNE RÉUNION. ELLE AURA LIEU DEMAIN À DOHA », a assuré le président américain. Le Qatar est médiateur, avec le Pakistan, dans les pourparlers entre les deux pays visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

L'Iran dément toute rencontre avec les États-Unis dans les prochains jours

Aucune réunion entre l'Iran et les États-Unis « n'est prévue cette semaine » au Qatar, a affirmé lundi la diplomatie iranienne, démentant les affirmations de médias américains évoquant une rencontre prévue mardi sur la question du détroit d'Ormuz.

« Aucune réunion technique des groupes de travail n'est prévue cette semaine », a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi, cité par la télévision d'État, parlant d'informations « incorrectes ».

🎤 Siavosh Ghazi, correspondant de RFI à Téhéran: «Le pouvoir iranien est sorti renforcé de cette guerre»

Siavosh Ghazi, correspondant de RFI et France 24 en Iran, est l'invité de RFI à l'occasion de la sortie de son livre Carnet de guerre - 40 jours dans Téhéran sous les bombardements (First Editions). Il raconte son métier de journaliste durant la guerre, son rythme de travail infernal et les contrôles des autorités. Aujourd'hui, il explique que le sentiment d'une « victoire totale » domine chez les Iraniens.

L'Iran annonce avoir tenu une réunion avec Oman sur le détroit d'Ormuz

L'Iran et Oman ont tenu leur première réunion, depuis la signature de l'accord entre Téhéran et Washington, pour discuter du contrôle du détroit d'Ormuz, a rapporté lundi le ministère iranien des Affaires étrangères.

L'Iran et Oman ont tous les deux souveraineté sur cette voie navigable stratégique pour le commerce mondial. « La première réunion du Comité conjoint d'Ormuz s'est tenue à Mascate » (capitale d'Oman) pour échanger « des points de vue sur la gestion future » du détroit, a écrit sur X le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi, sans en préciser la date.

Liban: l’accord-cadre avec Israël met à nu une société coupée en deux

La signature d’un accord-cadre entre le Liban et Israël sous égide américaine a ravivé les tensions au Liban : manifestations hostiles dispersées par l’armée à Beyrouth, affiches « Le Liban d’abord » remplaçant, sur ordre du ministre de l’Intérieur, les portraits du guide suprême iranien Mojtaba Khamenei et de son prédécesseur, Ali Khamenei, parfois incendiées, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh .

Malgré le lourd tribut payé par la communauté chiite dans la guerre actuelle, les sondages montrent qu’elle reste majoritairement fidèle au Hezbollah et au mouvement Amal du président du Parlement Nabih Berry, soutenus par l’establishment religieux et les élites économiques chiites. Pour beaucoup de chiites, le conflit est perçu comme existentiel : une défaite signifierait l’impossibilité de retourner dans leurs régions et d’être marginalisée dans le système politique confessionnel libanais.

La fracture au Liban est avant tout politique, même si elle recoupe largement une coloration communautaire. Deux projets s’affrontent : celui qui plaide pour la fin de l’état d’hostilité avec Israël pour aboutir, à terme, à une paix et une normalisation des relations avec l’État hébreu. Et celui qui rejette la normalisation et appelle à la lutte contre l’occupation, y compris par des moyens militaires.

Le projet appelé « Résistance » est soutenu par une écrasante majorité de chiites et des minorités plus ou moins importantes, sunnites, chrétiennes et druzes. À l’inverse, la majorité des chrétiens, plus de la moitié des sunnites et des druzes et une petite minorité de chiites veulent en finir avec ce qu’ils appellent « la guerre perpétuelle ». Dans les deux camps, on trouve des personnalités publiques, des journalistes, des artistes et des intellectuels de renom de différentes communautés. En résumé, le Hezbollah et ses soutiens représentent grosso modo la moitié du pays, leurs adversaires l’autre moitié.

Le détroit d’Ormuz au cœur de la première visite officielle du sultan d’Oman en France

Première visite officielle en France du sultan d’Oman, Haïtham ben Tariq, ce lundi 29 juin, dans un contexte de tensions persistantes entre l’Iran et les États-Unis malgré la reprise des négociations. Médiateur historique entre Téhéran et Washington, le sultanat d'Oman est au centre des discussions sur le nucléaire iranien et surtout sur l’avenir du détroit d’Ormuz, de nouveau ouvert mais dont les conditions de passage restent à définir.

Iran et États-Unis acceptent de suspendre leurs attaques et de se rencontrer mardi au Qatar (média américain)

L'Iran et les États-Unis ont accepté de cesser de s'attaquer « pour le moment » et prévu de se rencontrer au Qatar mardi afin de résoudre leurs différends concernant le détroit d'Ormuz, a affirmé le média américain Axios, citant des responsables américains.

« Nous avons décidé d'arrêter toutes les activités cinétiques », a néanmoins déclaré un haut responsable américain à Axios, utilisant le terme militaire pour désigner des frappes. Un deuxième responsable des États-Unis a assuré au média que les deux parties cessaient les attaques « pour le moment » et que « les navires pouvaient circuler librement » dans le détroit, alors que les pourparlers pour une fin durable au conflit se poursuivent.

Ces deux responsables et une troisième source ayant connaissance du dossier ont confirmé qu'Iraniens et Américains se rencontreraient mardi au Qatar, toujours selon Axios. Le média CNN a rapporté des propos similaires d'un responsable de l'administration Trump. La Maison Blanche n'a pas réagi dans l'immédiat.

Bonjour à toutes et à tous !

Bienvenue dans ce nouveau direct consacré à la guerre au Moyen-Orient pour la journée de lundi 29 juin. Merci de votre fidélité. Si vous avez manqué les événements de la veille, vous pouvez retrouver l'historique complet dans notre direct précédent, ci-dessous.

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