250 ans des États-Unis: la colonisation européenne avant l'indépendance

250 ans des États-Unis: la colonisation européenne avant l'indépendance

La côte Est des États-Unis n'est pas dans les priorités des premiers explorateurs et conquérants européens, espagnols et portugais pour l'essentiel. La région est reconnue pour le compte du roi François 1er avant qu'une puissance maritime montante, l'Angleterre, n'en fasse son objectif premier aux Amériques. Entre massacre des Amérindiens et importation d'esclaves, les Treize Colonies vont bientôt se changer en une nouvelle nation où le pouvoir est blanc, anglophone et protestant.

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Le Génois Giovanni Cabotto est resté à la postérité sous le nom de John Cabot, car il œuvre à partir de 1496 pour la couronne anglaise. Il atteint Terre-Neuve  l'année suivante et, tout comme Christophe Colomb, il a la certitude d’avoir rejoint l’Asie par l’ouest. Avant lui, des Vikings s’étaient installés dans les lieux durant quelques dizaines d’années. Nous en avons désormais la certitude archéologique.

À cette époque, le territoire des États-Unis actuels n’était peuplé que de 5 millions d’habitants, dont 1 à 2 millions à l’est du Mississippi, dans la zone occupée près de trois siècles plus tard par les treize colonies amenées à proclamer leur indépendance. Les autochtones ne seront déjà plus que 600 000 en 1800.

Quand il devient clair que nous sommes en présence d’un nouveau continent, celui-ci apparaît d’abord comme un obstacle à contourner pour atteindre la Chine et ses richesses, largement surestimées. C’est dans sa recherche d’un passage vers l’océan Pacifique que le toscan Verrazzano est le premier européen à longer la côté Est pour le compte des Français, donnant à la baie de l’Hudson, sur le site de la future New York, le nom de Nouvelle Angoulême.

Une terre tardivement convoitée

Les mannes d’or sur lesquelles s’abattent les Espagnols plus au sud font bientôt porter leurs convoitises, et celles des Français, vers la Floride, mais cette fois sans succès. L’Angleterre, qui n’est encore qu’une puissance en devenir, n’a pour s’enrichir que l’audace de quelques corsaires, les « chiens de mer », comme ce Francis Drake qui, un demi-siècle après Magellan, réussit une circumnavigation assortie de copieux pillages.

Un autre, Walter Raleigh, fonde la première colonie britannique, Roanoke, en actuelle Caroline du Nord dans les années 1580. En 1587, y naît la première sujette britannique sur le sol des futurs États-Unis, Virginia Dare. En 1607 est fondé le premier site pérenne, Jamestown, dans la toute nouvelle colonie de Virginie.

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Sur ces côtes, en 1619, les rescapés angolais d’un navire négrier capturé par un corsaire hollandais sont débarqués libres. Ils deviennent les premiers Africains à s’implanter en Amérique du nord. Dans cette période, les Hollandais s’implantent dans la baie de l’Hudson.

La Nouvelle Angoulême se change en Nouvelle Amsterdam avant de passer sous contrôle anglais et devenir New York en 1664. Mais ce sont les pionniers du Mayflower, installés à Cape Cod en 1620, qui forment le mythe originel des futurs États-Unis. Dans leur descendance, on ne trouve pas moins de huit présidents.

La fête de Thanksgiving commémore leur première récolte, qui a lieu en novembre 1621. Le Massachusetts devient la seconde colonie britannique, la seule avec la Virginie et le New Hampshire à dépasser les 150 ans d’existence au moment de l’indépendance.

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Très vite, les Anglais éliminent les colonies hollandaises et suédoises de la côte Est et deviennent les seuls maîtres des lieux. Maryland, Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Delaware et Géorgie en 1732 forment les colonies du Sud. New York, Pennsylvanie, New Jersey  forment les colonies du Centre. New Hampshire, Connecticut, Rhode Island et Massachusetts sont rassemblées sous le nom de Nouvelle Angleterre.

Au sud, une économie de plantation basée sur l'esclavage

Ces treize colonies seront aussi les premiers États indépendants, représentés par les lignes rouges et blanches horizontales de la bannière étoilée. Les colonies du Centre et de la Nouvelle Angleterre profitent de terres fertiles qui attirent les émigrants de l’Europe entière et font le commerce de fourrures.

Celles du Sud, à commencer par la Virginie, font commerce du tabac, mais aussi de l’indigo et des céréales. Elles développent une économie de plantation basée sur l’exploitation des esclaves, qui au moment de l’indépendance, représentent un cinquième de la population, contre moins de 10 % dans les colonies du Centre et de la Nouvelle Angleterre.

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Les colonies se différencient par rapport à leur degré d’autonomie face au pouvoir britannique : Rhode Island et Connecticut sont ainsi des colonies à chartes. Gouverneur et principaux administrateurs sont élus par une assemblée coloniale. La majorité reste cependant des colonies de la Couronne, dont le contrôle est plus étroit.

La guerre de sept ans: une victoire en trompe-l'œil pour la couronne britannique

La guerre de sept ans (1756-1763) voit les Français reculer à l’ouest du Mississippi et perdre le Québec. Les Espagnols cèdent la Floride à la couronne anglaise. Ils en reprendront le contrôle vingt ans plus tard. L’Angleterre sort victorieuse mais ruinée de cette guerre.

Elle choisit de remplir ses caisses en imposant de nouvelles taxes aux Treize Colonies, qui sont sorties avec une conscience commune nouvelle de cette période de conflits. Une distance irrémédiable se creuse entre l'Angleterre et ses possessions.

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Très vite, l’opinion se divise entre patriotes, qui s’opposent aux taxes, et loyalistes, qui restent fidèles à la couronne. La situation est mûre pour qu’en 1776, les Treize Colonies proclament leur indépendance, ouvrant la voie à sept nouvelles années de guerre.

À lire:

Bertrand Van Ruymbeke, L'Amérique avant les États-Unis. Une histoire de l'Amérique anglaise, 1497-1776 , Champs Flammarion, 2026.

Bertrand Van Ruymbeke, L'Amérique avant les États-Unis. Une histoire de l'Amérique anglaise, 1497-1776 , Champs Flammarion, 2026.

Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis, de 1492 à nos jours , Agone, 2002.

Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis, de 1492 à nos jours , Agone, 2002.

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