
Alors que la capitale de la province de l'Ituri compte parmi les villes les plus plus touchées par la maladie, nombre de ses habitants ont radicalement changé leurs habitudes pour tenter de se préserver du virus.
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Avec notre envoyé spécial à Bunia, Pascal Mulegwa
En République démocratique du Congo, la riposte contre l'épidémie d' Ebola de souche Bundibugyo s'intensifie en Ituri qui concentre plus de 80 % des quelque 1000 cas recensés. Mais à Bunia, l'une des villes les plus touchées par la maladie où les autorités ont suspendu tous les vols à destination et au départ de la province pour limiter la propagation du virus, l'absence de vaccin et de traitement continue de nourrir l'inquiétude. Résultat : un peu plus d'un mois après la déclaration officielle de l'épidémie, les habitants réorganisent leur quotidien.
Croisé sur la place des Martyrs alors qu'il sort d'une pharmacie avec du gel hydroalcoolique à la main, François confie par exemple avoir renoncé aux célébrations religieuses. « Depuis que l’épidémie est là, je ne vais plus à l’église pour préserver la santé de ma famille », affirme-t-il.
« Je ne sors plus comme avant, seulement en cas de force majeure »
Cambiste dans le centre-ville, Justin raconte faire preuve de la même prudence. « Les gens continuent à prier mais, en ce qui me concerne, je ne vais presque plus à l'église depuis que l'épidémie a éclaté car je crains la contamination. Comme il n'y a ni vaccin, ni traitement contre la maladie, tout le monde a peur », affirme ce dernier.
Une inquiétude qui a par ailleurs conduit les habitants de Bunia à acquérir de nouveaux réflexes. Cyprien observe ainsi une ville transformée : « On ne vit plus comme avant, il faut tout le temps se laver les mains. Du coup, la façon qu'on avait de monter à trois sur une moto ça, par exemple, ça a un peu changé... On s’adapte », explique-t-il.
Quant à Nathan, étudiant à l’université de Bunia, lui a opté pour un style de vie beaucoup plus casanier. « Je ne sors plus comme avant, seulement en cas de force majeure », déclare celui-ci alors que les nouvelles autorités provinciales entendent durcir encore les mesures en vigueur en y incluant notamment la fermeture des piscines.
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