Nucléaire iranien: Téhéran tempère les annonces de J.D. Vance sur le retour des inspecteurs de l'AIEA

Nucléaire iranien: Téhéran tempère les annonces de J.D. Vance sur le retour des inspecteurs de l'AIEA

L'Iran a accepté de laisser revenir les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur ses sites nucléaires, a affirmé lundi 22 juin le vice-président américain J.D. Vance. Si, de son côté, la République islamique a effectivement confirmé sa volonté de coopérer avec l'agence onusienne, celle-ci minimise toutefois la portée de cette annonce, rappelant notamment que cette coopération reste encadrée par les autorités politiques iraniennes.

Publié le :

Selon le vice-président américain J.D. Vance, il s'agit de l'une des premières avancées issues des négociations directes entre Washington et Téhéran : l' Iran a accepté de laisser les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) revenir dans le pays, a assuré ce dernier, lundi 22 juin, ajoutant : « C'est un premier pas vers la fin définitive du programme d'armement nucléaire » iranien.

Si l'annonce n'a pas été confirmée par l' AIEA , l'Iran, de son côté, a indiqué qu'il poursuivrait sa coopération avec l'agence, insistant toutefois au passage sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'un changement de cap mais de la continuation d'une politique déjà menée actuellement. Les interactions avec l'AIEA se feront « conformément aux autorisations de l'Assemblée consultative islamique et aux décisions du Conseil suprême de sécurité nationale », a ajouté le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

La précision est importante : en effet, l'Assemblée consultative islamique - le Parlement iranien - a adopté il y a un an, à la suite de la première guerre lancée par Israël et les États-Unis contre l'Iran, une loi suspendant la coopération avec l'AIEA. Par conséquent depuis lors, toute collaboration avec l'agence nécessite une dérogation expresse du Conseil suprême de sécurité nationale qui, depuis un an, n'a qu'autorisé l'inspection des sites nucléaires les moins controversés.

Telle est la raison pour laquelle Téhéran réfute donc l'idée d'une concession majeure accordée à Washington. Au moment de quitter la Suisse, J.D. Vance a d'ailleurs lui-même adopté un ton plus prudent : « On ne peut pas se fier aux paroles des gens : il faut se fier à ce qu'ils font réellement », a-t-il déclaré.

Le rôle clé de l'AIEA dans le dossier nucléaire iranien

Cela étant, si le retour des agents de l'AIEA en Iran se confirme, cette évolution constitue une avancée dans les négociations sur le nucléaire iranien, car l'organisation joue un rôle central dans la surveillance des activités nucléaires de la République islamique.

Par le passé, celle-ci a notamment été les yeux de la communauté internationale sur les sites de Natanz, Fordo et Ispahan, quand l'accord de Vienne signé en 2015 lui avait confié la mission d'inspecter les installations nucléaires iraniennes afin de vérifier que les technologies développées par Téhéran relevaient bien d'un programme civil et non militaire. Celle-ci devait alors contrôler que le régime iranien respectait bien l'engagement qu'il avait pris et en échange duquel il avait obtenu une levée des sanctions internationales.

Cette mission s'était toutefois largement compliquée à partir de 2018 et du retrait des États-Unis de l'accord, sous le premier mandat de Donald Trump, l'Iran restreignant alors progressivement l'accès à ses installations nucléaires aux inspecteurs de l'agence. À tel point qu'en mai 2025, celle-ci avait indiqué avoir « perdu la continuité de sa connaissance » de plusieurs aspects du programme nucléaire iranien : depuis les quatre années précédentes, l'AIEA n'était plus en mesure d'évaluer l'ampleur réelle du stock d'uranium enrichi détenu par Téhéran.

La confidence était intervenue deux semaines avant qu'Israël et les États-Unis ne lancent des frappes contre l'Iran, visant notamment les principaux sites nucléaires iraniens qu'ils soupçonnaient d'abriter un programme nucléaire militaire. Des frappes depuis lesquelles les relations entre Téhéran et l'AIEA se sont encore dégradées : ses inspecteurs n'ont pu accéder qu'aux sites qui n'ont pas été touchés par les attaques israélo-américaines, et non à ceux qui suscitent le plus d'inquiétudes parmi les pays occidentaux et les voisins arabes de l'Iran.

À lire aussi Accord États-Unis/Iran: ce grand flou qui entoure le sort du programme nucléaire iranien

Newsletter Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI

← World News