
L'Iran a répété mardi 23 juin vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, malgré l'annonce par Washington d'une levée des sanctions sur le pétrole iranien dans le cadre des pourparlers pour une fin à la guerre au Moyen-Orient. Un premier cycle des pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran s'est achevé lundi 22 juin en Suisse, après une ouverture tendue marquée par des menaces de part et d'autre. Le vice-président américain J.D. Vance a jugé que « des bases solides pour un accord final » avaient été posées à cette occasion.
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Ce qu'il faut retenir
► Le chef des négociateurs iraniens, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait « administrée » par son pays, selon des propos rapportés mardi par l'agence officielle Irna.
► La première séance de négociations entre les États-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient s'est achevée dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 juin dans un hôtel de luxe des Alpes suisses . Au terme de la réunion, les médiateurs pakistanais et qatarien ont annoncé dans un communiqué que les deux pays se sont entendus sur une feuille de route pour conclure dans les 60 jours un accord définitif .
► Au lendemain de ces premiers pourparlers, la Suisse a annoncé lundi 22 juin la tenue « immédiate » de discussions techniques.
► Les États-Unis ont eux annoncé suspendre pour deux mois leurs sanctions visant le pétrole iranien , assurant que l'Iran accueillerait à nouveau des inspecteurs nucléaires.
► Des soldats israéliens ont tué deux personnes mardi dans le sud du Liban. L'armée israélienne a dit avoir tiré contre des « terroristes armés » . Le Hezbollah a dénoncé une violation de l'accord de cessez-le-feu et accusé l'armée israélienne d'avoir visé des civils.
Donald Trump affirme que l'Iran accepte des inspections nucléaires «du plus haut niveau»
Donald Trump a affirmé que l'Iran a « pleinement accepté » le retour d'inspecteurs nucléaires dans le pays, alors que des discussions techniques se poursuivent en Suisse, dans le cadre des pourparlers en cours entre l'Iran et les États-Unis. « "L'Iran a pleinement et totalement accepté des inspections nucléaires du plus haut niveau pour une longue durée (l'éternité !!!). Cela garantira une "honnêteté nucléaire" », a déclaré ce mardi le président américain sur sa plateforme Truth Social.
L’armée israélienne fait deux morts au Liban, le Hezbollah dénonce une violation de la trêve
Des soldats israéliens ont tué deux personnes mardi dans le sud du Liban, ont rapporté la Défense civile et la presse libanaises. Un fragile cessez-le-feu entre le Hezbollah et l'État hébreu est entré en vigueur à la suite du protocole d'accord signé le 19 juin par Téhéran et Washington. Le Hezbollah, milice chiite pro-iranienne, a dénoncé une violation de l'accord de cessation des hostilités et accusé l'armée israélienne d'avoir visé des civils, faisant deux morts et des blessés. L'armée israélienne affirme pour sa part avoir pris pour cible des « terroristes armés qui représentaient une menace immédiate » dans le secteur de la colline Ali Taher, qui surplombe le sud-est du Liban au nord du Litani et fait désormais partie de la « zone de sécurité » imposée par Israël dans le Sud-Liban.
Le chef de la diplomatie iranienne se joint à la visite au Pakistan du président Massoud Pezeshkian
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, est arrivé au Pakistan, a rapporté l'agence de presse gouvernementale Irna, au moment où le président Massoud Pezeshkian effectue une visite dans ce pays médiateur des pourparlers irano-américains. À son arrivée à Islamabad, Abbas Araghchi a rencontré le président pakistanais Asif Ali Zardari et le Premier ministre Shehbaz Sharif, selon Irna. Le ministre iranien des Affaires étrangères était auparavant en déplacement à Oman avec le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a lui regagné Téhéran, dans le cadre de tractations diplomatiques.
🔍Les États-Unis ouvrent la voie à la vente de pétrole iranien en dollars
Alors que le premier round des négociations visant la réouverture du détroit d'Ormuz s’est achevé en Suisse, les États-Unis ont ouvert la voie à la vente de pétrole iranien en dollars. C'est du jamais vu depuis des décennies et il s'agit d'un virage à 180 degrés de la politique américaine. Pendant des années, l'Iran a utilisé le réseau clandestin de pétroliers pour vendre son brut, principalement à la Chine. Les Américains lèvent donc pour une durée de deux mois leurs sanctions pétrolières contre l'Iran. Le temps que se poursuivent les négociations visant à mettre fin à la guerre.
Cette dérogation est une aubaine pour le régime des mollahs. Téhéran a un besoin urgent de devises étrangères pour les injecter dans l'économie iranienne, toujours à la peine. Cela signifie que les banques du pays pourront recevoir désormais des paiements directement de l'étranger, y compris des revenus de pétrole. L'Iran a d'ailleurs commencé à séduire les principaux importateurs de pétrole asiatique, mais ces derniers ne se pressent pas pour autant. Comme les Indiens, notamment, qui avaient sécurisé leurs livraisons de pétrole brut jusqu'en août sont bien approvisionnés, ayant déjà sécurisé des approvisionnements alternatifs. Certains négociants européens ont déjà manifesté leur intérêt pour acheter du pétrole iranien.
Au sud du Liban, un mort dans des tirs israéliens
Des tirs israéliens de mitrailleuses ont fait un mort et deux blessés dans une localité du sud du Liban, a rapporté un média d'État libanais. « Un jeune homme a été tué et deux autres ont été blessés » lorsque des soldats israéliens « ont ouvert le feu de leurs mitrailleuses dans leur direction alors qu'ils se tenaient près d'une pelleteuse qui dégageait une route » dans une localité près de la ville de Nabatiyé, a précisé l'Agence nationale d'information.
L'Iran sera «le seul pays» habilité à décider de l'utilisation de ses avoirs débloqués
L'Iran sera « le seul pays » habilité à décider de l'utilisation de ses avoirs qui seront débloqués par les États-Unis, a affirmé un haut responsable iranien, alors que Washington a laissé entendre que leur déblocage pourrait être assorti de conditions, notamment des contrats agricoles. « L'Iran est le seul pays à décider du sort des avoirs qui vont être débloqués » et « aucun autre pays ni aucune autre entité n'aura son mot à dire sur la manière dont ces avoirs doivent être utilisés par l'Iran », a déclaré l'ambassadeur iranien auprès de l'ONU à Genève, Ali Bahreini, lors d'une conférence de presse à Genève.
Dans le détroit d’Ormuz, une reprise du trafic maritime record lundi depuis le début de la guerre
Au moins 36 navires de matières premières ont franchi le détroit d'Ormuz lundi, un trafic maritime record depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, selon les données de la plateforme Kpler, après la conclusion d'un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran. Ce trafic représente près d'un tiers des franchissements en temps de paix -environ 120 par jour- via ce passage stratégique pour le commerce mondial, par où transite d'ordinaire un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, ainsi que d'autres matières premières essentielles.
Des navires dans le détroit d'Ormuz près de la plage de Bandar Abbas, en Iran, le 21 juin 2026. Amirhosein Khorgooi/ISNA via WANA et REUTERS
Le Danemark rouvre son ambassade à Téhéran
Le Danemark a rouvert son ambassade à Téhéran après plus de trois mois de fermeture en raison du conflit au Moyen-Orient, a annoncé mardi le ministère des Affaires étrangères. « À la lumière de l'amélioration de la situation sécuritaire en Iran, l'ambassade à Téhéran rouvre ses portes », a indiqué la diplomatie danoise dans un communiqué. « L'ambassadeur du Danemark en Iran travaille depuis le 19 juin dans les locaux de l'ambassade », a-t-elle précisé. L'ambassade italienne à Téhéran a elle aussi rouvert ses portes vendredi, après plus de trois mois de fermeture. Le Danemark avait ordonné la fermeture temporaire de son ambassade en Iran le 10 mars à cause de la situation sécuritaire dans le pays.
L'Iran ne prévoit pas de laisser l'AIEA inspecter les sites bombardés
L'Iran n'a pas l'intention de permettre à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'inspecter ses sites bombardés par Israël et les États-Unis, a indiqué le ministère des Affaires étrangères iranien. « Nous n'avons pas eu de réunion avec le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, et nous ne prévoyons pas non plus que l'Agence inspecte les installations nucléaires iraniennes endommagées par l'agression militaire américaine et sioniste », a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï lors d'une conférence de presse. J. D. Vance avait affirmé lundi, à l'issue de négociations en Suisse, que les Iraniens avaient « accepté d'inviter à nouveau les inspecteurs » de l'instance onusienne, qualifiant cela d'« étape majeure ».
L'Iran annonce des groupes de travail dans le cadre des pourparlers avec les États-Unis
Des discussions techniques en Suisse, dans le cadre des pourparlers en cours entre l'Iran et les États-Unis, se sont achevées avec la mise en place de groupes de travail portant notamment sur le nucléaire et la levée des sanctions, a rapporté mardi un média d'État iranien. À l'issue de ces consultations dans la continuité des pourparlers de dimanche, « il a été décidé de mettre en place quatre groupes de travail portant sur la levée des sanctions, le nucléaire, la reconstruction et le développement économique (de l'Iran) ainsi qu'un groupe de suivi », a déclaré à l'agence Irna le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, spécialiste des questions juridiques.
🔍Entre le Liban et Israël, des pourparlers sur lesquels plane l'ombre de l'Iran
Pour la troisième journée consécutive, aucune violation majeure du cessez-le-feu n’a été signalée, lundi, dans le sud du Liban, après des efforts déployés par les États-Unis et l’Iran auprès de leurs alliés pour consolider la trêve. Une trêve obtenue après une poussée de violence, en fin de semaine dernière, qui a fait plus de 80 morts et failli compromettre les négociations commencées en Suisse entre Téhéran et Washington.
Les négociations directes entre le Liban et Israël reprennent ce mardi 23 juin à Washington , sous l’égide des États-Unis. Avant la reprise de ces pourparlers, les belligérants semblent camper sur leurs positions. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a déclaré que l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire ». Et le Hezbollah, par la bouche de l’un de ses députés, a réaffirmé son refus du format de ces négociations, rapporte Paul Khalifeh , notre correspondant à Beyrouth.
Le contexte est différent des précédents rounds. Même s’ils ne sont pas présents physiquement autour de la table des négociations, l’ombre de l’Iran et du Hezbollah plane au-dessus des négociateurs libanais et israéliens, avec la bénédiction des États-Unis.
Peu de séparation entre les négociations sur l’Iran et le Liban. Les arrangements convenus entre Washington et Téhéran en Suisse consacrent en quelque sorte l’échec de l’un des principaux objectifs de la guerre, qui était de séparer les volets libanais et iranien. Le dossier libanais a occupé une grande partie des discussions entre les Iraniens et les Américains.
Un mécanisme pour consolider le cessez-le-feu. Les deux parties ont convenu de la création d’une « cellule de déconfliction » chargée de consolider le cessez-le-feu à travers des mesures qui seront proposées ultérieurement. Ce mécanisme comprend les États-Unis, l’Iran, le Liban, le Qatar et le Pakistan.
Une reconnaissance du rôle de l’Iran. Le fait que Washington et Téhéran siègent ensemble dans une structure chargée du dossier libanais constitue une reconnaissance explicite du rôle iranien. Cela signifie aussi que les négociations directes menées à Washington entre des délégations libanaise et israélienne apparaissent désormais comme un prolongement du dialogue irano-américain. L’idée d’un retrait partiel simultané entre le Hezbollah et l’armée israélienne fait son chemin. La zone-pilote que le Liban proposerait serait celle de la forteresse de Beaufort et ses environs.
[RAPPEL] Le négociateur en chef iranien affirme que le détroit d'Ormuz sera administré par l'Iran
Le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait « administrée » par son pays, selon des propos rapportés mardi par l'agence officielle Irna. Le passage par le détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les États-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l'Iran. Mais « l'administration du détroit d'Ormuz ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre », a assuré Mohammad Bagher Ghalibaf, martelant que « l'Iran administrera » celui-ci. L'Iran a par ailleurs indiqué mardi avoir conclu en Suisse avec les Américains un accord pour le déblocage « immédiat » de 12 milliards d'avoirs iraniens gelés.
Bonjour à toutes et à tous !
Bienvenue dans ce nouveau direct consacré à la guerre au Moyen-Orient pour la journée de ce mardi 23 juin. Si vous avez manqué les événements de la veille, vous pouvez retrouver l'historique complet dans notre direct précédent :
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