
Guesch Patti, danseuse, comédienne et chanteuse, surtout connue pour son énorme tube « Étienne », est décédée dans la nuit du 21 au 22 juin 2026 à Paris, des suites d’une longue maladie, comme l'a indiqué son attaché de presse.
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Née Patricia Porrasse en 1946 à Neuilly‑sur‑Seine, Guesch Patti foule d’abord les parquets de danse. Tout d’abord Petit rat de l’Opéra de Paris à l’âge de neuf ans, puis engagée par le célèbre chorégraphe Roland Petit à quinze, elle forge très tôt un rapport physique au rythme qui marquera tout son art.
Dès les années 1960, elle enregistre des 45 tours avec le pianiste Yves Gilbert qui n’est autre que son mari, sous le nom d’Yves et Patricia. Quand elle se lance en solo, c’est en 1987 que tout bascule avec « Étienne ». Tube immédiat, vendu à 1.5 million d’exemplaires, titre numéro un en France et succès européen, la chanson impose une pop française sensuelle, insolente, portée par une interprétation à la fois joueuse et troublante. Il faut dire que le refrain est entêtant ! Le clip en noir et blanc, pensé comme un véritable objet chorégraphique, participe à faire de Guesch Patti une icône pop à part.
L’album Labyrinthe (1988) confirme cette singularité. Guesch Patti esquisse une chanson d’auteur électro‑pop avant l’heure. « Let Be Must the Queen », extrait de l’album, se hisse au Top 50 et lui vaut une Victoire de la musique comme révélation féminine. Mais déjà, l’artiste refuse de se laisser enfermer dans le rôle de chanteuse de tube.
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Après le tube
Elle publie Nomades (1990) puis Gobe (1992), enregistré dans les studios de Prince à Minneapolis. Le public suit moins, mais ces disques restent des jalons importants d’une chanson française aventureuse, où les rythmes, les textures et les ruptures de ton comptent autant que les refrains. Blonde (1995) prolonge cette veine avec des collaborations fortes, de Matthieu Chedid à Étienne Daho et Françoise Hardy .
En 2000, Dernières nouvelles referme ce cycle discographique sur une note plus sombre, douloureuse, traversée par la solitude. Là encore, la mise en scène visuelle et chorégraphique, prolongée par un DVD mêlant chansons et performances, rappelle combien Guesch Patti pensait la musique comme un art total, à la croisée de la danse, du théâtre et du clip.
Elle délaisse alors sa carrière de chanteuse, pour s’aventurer sur d’autres champs artistiques. Elle fait des apparitions au cinéma et monte sur scène, au théâtre, notamment avec la célèbre pièce féministe Les Monologues du vagin, de l'auteure new-yorkaise Eve Ensler , en 2004.
Guesch Patti laisse l’image d’une artiste inclassable, dont le nom restera associé à « Étienne » mais dont la discographie, de Labyrinthe à Dernières nouvelles , mérite d’être redécouverte bien au-delà du tube.
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