
La mouvance du président Mamadi Doumbouya, qui dirige la Guinée, et ses partis alliés, ont remporté plus de 80% des sièges du Parlement lors des législatives du 31 mai 2026. Pour un représentant de la formation d’opposition Union des forces démocratiques de Guinée, « ce scrutin a été organisé dans des conditions d'exclusion ». Le leader de l’Alliance pour une Guinée nouvelle (AGN), qui a décroché quatre sièges, s’est félicité, lui, de ce « succès ».
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En Guinée , la mouvance présidentielle a remporté plus de 80% des sièges (127 sur 147) à l'Assemblée nationale, à la suite des législatives organisées le 31 mai 2026. Les résultats définitifs ont été publiés le 19 juin.
Un parti nouvellement arrivé sur la scène politique, l’Alliance pour une Guinée nouvelle (AGN), s’est distingué en obtenant quatre députés à la future Assemblée nationale et des dizaines de conseillers communaux.
Son leader, Mory Kaba, devient ainsi le chef de l’opposition parlementaire, loin derrière la mouvance présidentielle.
Il estime que c’était un plaisir de participer à ces élections pour ne pas laisser le champ aux partisans du chef de l’État. « Nous nous félicitons pour ce succès , lance-t-il au micro de notre correspondant à Conakry, Mouctar Bah . Nous ne disons pas que c'est d'abord une joie, parce que la vraie joie s'exprimera seulement à la fin de l'exercice des cinq années, lorsque nous verrons nos résultats ».
Mory Kaba poursuit : « Le parti que j'ai l'honneur de présider est un parti de propositions, un parti d’idées. C'est un parti aujourd'hui qui a un leitmotiv, la possibilité de donner une direction aujourd'hui au pays. Une fois à l'Assemblée nationale, je le dis et je le répète : si l'attente des Guinéens est à 50 %, je leur demande de multiplier cette attente à 150 %, parce que nous allons être la plus grande surprise de cette élection, pour défendre les intérêts de la population dans toute sa plénitude, afin que désormais nous puissions jouir des immensités dont regorge notre pays. »
« Un climat chaotique, avec des fraudes et bourrages d'urnes »
Une grande partie de l'opposition n'a pas pris part à ces scrutins. Pour rappel, 40 partis politiques, parmi lesquelles les plus grandes formations de l'opposition (UFDG, RPG, UFR), ont été dissous en mars. Ils étaient donc absents pour ces législatives.
Pour le coordinateur de la communication du parti UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée), Souleymane Souza Konaté, joint par Amélie Tulet , ces résultats ne sont que « l'ultime épisode de la parodie politique orchestrée » par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), l’instance qui a dirigé la Guinée du coup d’État de septembre 2021 à la fin officielle de la transition politique. « Ce scrutin a été organisé dans des conditions d'exclusion , lance Souleymane Souza Konaté. Les Forces vives [plateforme qui regroupe des partis d'opposition et des organisations de la société civile, NDLR ] ont été empêchées de se présenter. Les élections ont été organisées dans un climat chaotique, des fraudes, des bourrages d'urnes et le tout sur fond de rejet massif de nos compatriotes. Nous disons que les institutions qui seront issues de ce simulacre électoral vont être rejetées par la majorité des Guinéens et ne bénéficieront pas de la confiance de nos compatriotes. Et cela ne va pas permettre à la Guinée de retrouver le chemin de la démocratie, des libertés. »
Il conclut : « Le pays est aujourd'hui victime d'arrestations arbitraires. Les opposants sont contraints à l'exil, les cas de disparitions forcées sont devenus des normes dans notre pays. Et tout ça ne fait que renforcer la crise politique et sociale latente depuis la prise du pouvoir par le CNRD. »
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Sept partis politiques ont contesté la semaine précédente les résultats provisoires qui donnaient le mouvement présidentiel largement vainqueur, dénonçant des « dysfonctionnements majeurs ».
Le général Mamadi Doumbouya a été élu président pour un mandat de sept ans le 28 décembre 2025, après avoir pris le pouvoir par la force en septembre 2021. Il a été élu malgré sa promesse initiale de rendre le pouvoir aux civils au terme d'une période de transition.
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