
La signature du protocole d'accord entre l'Iran et les États-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient signifie que le détroit d'Ormuz sera rouvert « instantanément » et que le blocus américain des ports iraniens prendra fin « immédiatement », a affirmé jeudi 17 juin le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Ce jeudi, le président iranien Massoud Pezeshkian parle d'un accord « historique » au lendemain de la signature de l'accord.
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Ce qu'il faut retenir
► Le protocole d'accord a été signé électroniquement par l'Iran et les États-Unis mercredi 17 juin, ont confirmé les deux pays. Ce protocole « entrera en vigueur avec effet immédiat et, dans un premier temps, la République islamique d'Iran rouvrira sans délai le détroit d'Ormuz et les États-Unis d'Amérique lèveront immédiatement le blocus naval », a annoncé le Premier ministre pakistanais.
► Washington a dévoilé le texte du protocole d'accord avec l'Iran plus tôt dans la journée. Il prévoit en outre que les États-Unis s'engagent à faciliter le déblocage d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement de l'Iran en cas d'accord définitif sur le nucléaire iranien. Téhéran s'engage notamment à diluer ses stocks d'uranium enrichi dans le cadre de négociations à venir sous 60 jours, en échange de la levée des sanctions .
► De « premières négociations » entre l'Iran et les États-Unis sont toujours prévues ce vendredi 19 juin en Suisse, annonce le ministère suisse des Affaires étrangères ce jeudi 18 juin, alors que des incertitudes planaient jusqu'ici. Le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif, dont le pays est médiateur des discussions, a aussi affirmé qu'une réunion aurait bien lieu vendredi pour « commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques ».
Accord États-Unis/Iran: s'agit-il d'une victoire américaine, comme le prétend l'administration Trump ?
Notre correspondant Vincent Souriau est allé poser la question à ceux qui seront bientôt à des postes de pouvoir, sur le campus de la prestigieuse université américaine d'Harvard près de Boston. À propos de l’accord avec l’Iran, aucun étudiant ne veut se mouiller, à l'exception d'un jeune homme qui réclame l’anonymat. Le grand gagnant de cette guerre, selon lui, est le secteur de la finance américaine.
« En créant toutes ces complications, vous poussez les capitaux à quitter le Moyen-Orient, explique-t-il. Et ces capitaux sont rapatriés à Londres ou à New York. Regardez l’effondrement de l’économie de Dubaï. Avec en parallèle l’énorme progression du volume d’actif financiers aux États-Unis et dans certains pays d’Europe très impliqués dans cette région. »
Aux termes de cet accord, les États-Unis et certains de leurs partenaires pourraient finir par investir 300 milliards de dollars d’argent privé en Iran. Après le Venezuela, cet étudiant y voit une nouvelle forme d’entrisme de l’administration Trump. « On n’a pas encore tous les détails, mais ces 300 milliards qui entrent en Iran vont servir de tremplin à l’économie américaine, avec un schéma similaire à celui du Venezuela. L’Iran devient un nouveau pays et une nouvelle économie que les États-Unis vont pouvoir exploiter. »
Les perdants dans tout ça ? Les Américains, d’après lui, en raison de l’inflation provoquée par un conflit financé, souligne-t-il, avec de l’argent public.
Si le détroit d'Ormuz rouvre bien comme prévu, un afflux de pétrole devrait toucher l'Asie d'ici à la fin du mois de juin
Pour le gaz en revanche, les prix ne baisseront pas de sitôt. Lisez cet article pour en savoir plus :
Trois morts dans des frappes israéliennes dans le sud du Liban
Trois personnes ont été tuées lors de frappes israéliennes dans le sud du Liban jeudi, selon un média d'État, malgré la signature de l'accord entre les États-Unis et l'Iran qui prévoit la fin de la guerre sur tous les fronts de la région, dont le Liban.
L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a indiqué qu'un « drone ennemi a visé une voiture » dans la région de Kfar Tebnit, où les forces israéliennes ont avancé en profondeur, faisant deux tués. Elle avait annoncé « un tué et un blessé grave », dans un premier temps.
Un autre drone a tué un homme dans le village voisin de Zebdine, selon l'Ani.
De son côté, l'armée israélienne a annoncé jeudi la mort d'un de ses soldats, la veille, lors d'un incident dans le sud du Liban au cours duquel sept autres militaires ont été blessés.
🔍 Israël tenu à l'écart de l'accord entre les États-Unis et l'Iran
Avec notre correspondante à Jérusalem, Frédérique Misslin
Pour l’instant, il n’y a pas de réaction officielle en Israël, le Premier ministre est resté silencieux. Mais en coulisses les frustrations s’expriment. Pour Benyamin Netanyahu, l’accord est une catastrophe au plan politique et stratégique. Les missiles balistiques ne font pas partie du mémorandum, les discussions sur le nucléaire sont remises à plus tard et Israël a perdu le soutien américain sur le front libanais.
Le Hezbollah a tiré profit de son alliance avec l’Iran qui a exigé qu’il soit inclus dans le cessez-le-feu. Le bras de fer se joue donc désormais sur la présence de l’armée israélienne dans le sud du Liban.
Les médias israéliens rapportent ce jeudi que des discussions difficiles ont été entamées avec les Américains à ce sujet. Mais les dernières déclarations de Donald Trump laissent penser que l’État hébreu est de plus en plus isolé diplomatiquement. « Israël se bat contre le Hezbollah depuis trop longtemps. Trop de gens ont été tués », dit le président américain. L’allié israélien a donc aujourd’hui deux choix : maintenir ses opérations militaires seul ou bien se ranger aux arguments de Washington au moins sur les 60 prochains jours.
En attendant, l’armée israélienne occupe toujours environ 10 % du territoire libanais et officiellement il n’est pas question de retrait.
🔍 Pour Téhéran, l'accord acte l'échec des États-Unis
Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi
L'Iran a refusé une rencontre entre le vice-président iranien et le président du Parlement, qui dirige l'équipe de négociateurs iraniens. Téhéran a demandé et obtenu la signature de ce texte par Donald Trump. Il y a deux textes : un en persan et un en anglais. C'est une première.
Téhéran a également demandé que le président Trump signe en premier, qu'on envoie la photo et la vidéo à Téhéran, pour qu'ensuite le président Pezeshkian signe à son tour.
Sur le fond, l'Iran crie victoire. « Le fait de dire que l'Iran est une grande puissance n'est pas un slogan , a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, c'est la vérité. Nous avons vaincu deux puissances nucléaires. Nous allons poursuivre notre programme nucléaire selon nos besoins », a-t-il ajouté.
Il a également affirmé que l'Iran n'enverra pas à l'étranger ses stocks d'uranium, « la seule chose que nous pourrions faire, c'est de diluer l'uranium enrichi à 60 % sur le sol iranien ». L’Iran a également obtenu le déblocage des fonds gelés à l'étranger à cause des sanctions américaines, quelque 50 à 100 milliards de dollars. Enfin, l'Iran contrôlera également le détroit d'Ormuz et touchera des frais de service pour assurer un trafic maritime sécurisé.
Le président iranien salue un accord «historique» avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre
Le président iranien Massoud Pezeshkian a vanté jeudi un accord « historique » au lendemain de la signature de l'accord États-Unis/Iran par Donald Trump et lui-même.
« Il s'agit d'un document historique et d'un message émanant d'un Iran puissant : la paix sera instaurée dans le respect mutuel », a déclaré le dirigeant sur les réseaux sociaux.
Un navire français transportant du GNL franchit le détroit d'Ormuz, une première depuis le début de la guerre
Un premier navire de transport de gaz naturel liquéfié (GNL) battant pavillon français est sorti, jeudi 18 juin, du Golfe en franchissant le détroit d'Ormuz, après la signature d'un accord ouvrant la voie à la fin du conflit au Moyen-Orient qui a immobilisé cette artère maritime stratégique, selon des données de MarineTraffic.
Le Mraikh, qui appartient à la filiale française -basée à Nantes- du Norvégien Knutsen OAS Shipping, transporte 76 535 tonnes de GNL, qu'il a embarquées à Ras Laffan, au Qatar, et qu'il doit acheminer à Port Qasim, au Pakistan, selon la plateforme de suivi des navires de transport de matières premières Kpler, au lendemain de la signature par les présidents américain et iranien d'un protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage notamment à rouvrir immédiatement le détroit d'Ormuz.
Pour Donald Trump, ceux qui critiquent l'accord avec l'Iran sont «jaloux», «malhonnêtes» ou «stupides»
Donald Trump a dénoncé jeudi sur son réseau Truth Social les voix qui dénoncent le protocole d'accord signé la veille avec l'Iran pour mettre fin à la guerre et le jugent trop favorable à la république islamique.
« Ces imbéciles, qui pensent que je n'ai pas été assez dur avec l'Iran, alors que la Bourse vient d'atteindre un record historique et que les prix du pétrole sont en train de "chuter", sont soit jaloux, soit malhonnêtes, soit stupides », a-t-il estimé.
De «premières négociations» entre l'Iran et les États-Unis toujours prévues vendredi
Le ministère suisse des Affaires étrangères a confirmé jeudi la tenue de « premières négociations » vendredi près de Lucerne, dans le centre du pays, sur la mise en œuvre du protocole d'accord noué entre les États-Unis et l'Iran.
« À l'heure actuelle, il est toujours prévu que les États-Unis et l'Iran, ainsi que les médiateurs que sont le Pakistan et le Qatar, se réunissent demain au Bürgenstock pour entamer les premières négociations sur la mise en œuvre de l'accord », a annoncé le ministère, levant le flou qui planait sur cette réunion annoncée mardi 16 juin dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, une montagne surplombant le lac des Quatre Cantons dans le centre du pays alpin.
🎧 «Donald Trump est une aberration de la politique américaine», assène son ancien conseiller John Bolton
John Bolton a travaillé auprès de Donald Trump durant le premier mandat de celui-ci à la Maison Blanche, mais il est désormais très critique de l'actuel président des États-Unis qui s'est engagé sur la voie des négociations avec l'Iran. L'ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis est l'invité de RFI.
Accord États-Unis/Iran: l'AIEA se dit prête à avancer sur les «mesures concrètes»
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'est dite jeudi prête à commencer à définir les « mesures concrètes » qui devront être prises, après la signature de l'accord entre l'Iran et les États-Unis qui prévoit la dilution des stocks d'uranium iranien sous supervision de l'organisation.
« Maintenant, c'est à nous de nous asseoir avec nos collègues américains et iraniens, et de commencer à définir les mesures concrètes qui devront être prises » dans le cadre de négociations à venir sous 60 jours, a déclaré à la presse à Genève le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi.
Un mort lors d'une frappe israélienne dans le sud du Liban
Un homme a été tué lors d'une frappe israélienne dans le sud du Liban jeudi, selon un média d'État, quelques heures après la signature de l'accord entre les États-Unis et l'Iran qui prévoit la fin de la guerre sur tous les fronts de la région, dont le Liban.
L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a indiqué qu'un « drone ennemi a visé une voiture » dans la région de Kfar Tebnit, où les forces israéliennes ont avancé en profondeur, faisant « un tué et un blessé grave ».
Pékin «salue» la signature par l'Iran et les États-Unis d'un accord d'arrêt des hostilités
Pékin a dit jeudi saluer la signature par les présidents américain et iranien d'un protocole d'accord prévoyant la cessation immédiate de leurs hostilités, et a appelé les deux camps à des compromis dans la prochaine phase de leurs négociations.
La signature « revêt une signification positive pour apaiser les tensions et renforcer la dynamique du cessez-le-feu. La Chine salue cette évolution », a dit un porte-parole des Affaires étrangères, Lin Jian. « La Chine espère qu'aussi bien les États-Unis que l'Iran aborderont la deuxième phase des négociations de manière rationnelle et pragmatique, et feront des concessions réciproques », a-t-il ajouté lors d'un point presse régulier à Pékin.
Les prix du pétrole chutent de plus de 3%, après la signature de l'accord États-Unis/Iran
Les prix du pétrole accéléraient leur chute jeudi en fin d'échanges asiatiques, lâchant plus de 3%, dans un marché soulagé après la signature du protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran prévoyant entre autres la réouverture du détroit d'Ormuz.
Vers 6h25 TU, le cours du baril de WTI nord-américain reculait de 3,40% à 74,18 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, se repliait de 3,02% à 77,15 dollars.
Un soldat israélien tué dans le sud du Liban
L'armée israélienne a annoncé jeudi la mort d'un de ses soldats, la veille, lors d'un incident dans le sud du Liban au cours duquel sept autres militaires ont été blessés.
Le soldat, un sergent-chef de 29 ans, « est tombé au combat dans le sud du Liban », a indiqué l'armée israélienne dans un communiqué. Les sept autres ont été modérément ou légèrement blessés.
Ce décès est survenu quelques heures avant la signature d'un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran prévoyant l'arrêt immédiat des combats sur tous les fronts, y compris le Liban.
Bonjour à toutes et à tous !
Bienvenue dans ce nouveau direct consacré à la guerre au Moyen-Orient pour la journée de ce jeudi 18 juin. Si vous avez manqué les événements de la veille, vous pouvez retrouver l'historique complet dans notre direct précédent :
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