Une nouvelle vague de chaleur «précoce» déferle sur l'Europe

Une nouvelle vague de chaleur «précoce» déferle sur l'Europe

Deux semaines après une canicule d'une ampleur inédite pour un mois de mai, l'Europe est frappée par une nouvelle vague de chaleur précoce avec des pointes à 40°C selon Météo France. L'air chaud qui arrive par l'Espagne devrait atteindre les pays scandinaves et les Balkans d'ici quelques jours.

Publié le : Modifié le :

Un vaste anticyclone qui remonte par l' Espagne va apporter un temps chaud et sec et il va rester bloqué sur l'Ouest de l'Europe. Les températures vont donc augmenter progressivement cette semaine. En Espagne, le mercure devrait atteindre jusqu'à 40°C, mais il fera chaud aussi dans le sud de l'Angleterre, au Bénélux, en Allemagne , en Suisse , dans le nord de l’Italie et au-delà. En France, 26 départements, dont Paris, sont placés, jeudi, en vigilance orange, a annoncé mercredi 17 juin Météo-France.

François Gourand, prévisionniste à Météo France, prévient que la situation risque de durer. « Peut-être que mardi prochain il y aura une atténuation de la chaleur, notamment dans les régions du Nord, mais cela reste une atténuation, les températures resteront chaudes et globalement la tendance pour la semaine prochaine est très chaude. Donc, à l’heure actuelle, on ne voit pas la fin de cet épisode », explique-t-il.

« Le signe manifeste du changement climatique »

C'est vraiment la France qui sera au cœur de cet anticyclone, ce sera le pays le plus chaud du continent, selon La chaîne Météo. « On ne peut pas encore être plus précis sur la durée et l’intensité de la vague de chaleur que nous allons connaître. Nous pouvons néanmoins d’ores et déjà la qualifier de "précoce" puisque nous ne sommes qu'à la mi-juin » , explique Matthieu Sorel, climatologue à Météo France. « Nous sommes dans les vagues de chaleur les plus précoces que la France ait connues » , ajoute-t-il.

À lire aussi Comment se protéger de la chaleur en ville?

Le pays va donc vivre sa 52ᵉ vague de chaleur depuis l'après-guerre. Fait marquant : ces seize dernières années, il y a eu 27 vagues de chaleur, alors qu’il y en a eu seulement 25 lors des soixante années avant cela. « C es vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses sont un signe manifeste du changement climatique », résume Matthieu Sorel.

L'impact promet d'abord d'être sanitaire. Santé publique France note en effet des pics de passage aux urgences lors de canicules car la température ne va pas suffisamment baisser la nuit au moment où le corps est justement censé récupérer. En Europe, plus de 200 000 personnes sont mortes des suites de la chaleur au cours de ces quatre dernières années seulement, selon l'OMS.

Risque de coup de chaud lors du baccalauréat

Les sols étant déjà secs, c'est donc aussi un nouveau coup dur pour l'agriculture et la nature avec un risque de feu de forêt accru dans certaines régions. L'autre impact concernera la production d'électricité. EDF envisage déjà de réduire la production nucléaire dans deux de ses centrales du centre du pays pour limiter le réchauffement du Rhône. L'eau du fleuve est en effet utilisée pour refroidir les réacteurs.

À lire aussi Le réchauffement climatique devrait atteindre 1,5°C autour de 2030, alertent les scientifiques

C'est aussi la semaine du baccalauréat en France et les salles d’examens sont surchauffées. « Pendant les épreuves, c'est une pression supplémentaire de devoir gérer son énervement, son niveau de fatigue », reconnaît Elina Hermann, une lycéenne de 18 ans qui passe mercredi son épreuve de SVT au lycée Saint-Exupéry, dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon. « On n'a rien », excepté « quelques bouteilles d'eau » et « éventuellement un malheureux ventilateur par salle », s’insurge François Tessier, professeur d'histoire-géographie dans un lycée de Vierzon (Cher) et président du Syndicat national des lycées et des collèges (Snalc) de la zone Orléans-Tours. Le gouvernement est une nouvelle fois critiqué pour son impréparation.

Enfin, certains métiers en première ligne subissent ce climat suffocant. Comme ces travailleurs sur les plate-formes de logistique de Geodis, filiale de la SNCF, à Gennevilliers, dans le Nord de Paris, que Juliette Pietraszewski a rencontrés.

Ça te donne le vertige, ça diminue la vision.

Ça te donne le vertige, ça diminue la vision.

Des travailleurs exposés dans un centre de logistique nord-parisien

Newsletter Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI

← World News