États-Unis: les promesses du nouveau président de la banque centrale

États-Unis: les promesses du nouveau président de la banque centrale

Le nouveau patron de la Réserve fédérale américaine (Fed), Kevin Warsh, a présidé sa première réunion de politique monétaire, qui n’a abouti à aucun changement en matière de taux d’intérêt mais a montré que ses collègues étaient prêts à combattre l’emballement inflationniste. Kevin Warsh assure que la Fed va permettre aux Américains de retrouver des prix stables. Le dollar bondit après l'évocation d'une possible hausse de taux de la Fed.

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Kevin Warsh promet la stabilité des prix

Le nouveau président de la banque centrale des États-Unis (Fed), Kevin Warsh, a assuré mercredi 17 juin que l'institution avait l'intention de redresser la barre en matière d'inflation, lors de sa première conférence de presse.

« L'inflation dépasse largement l'objectif de 2 % fixé de longue date par la Fed. Cette situation perdure depuis plus de cinq ans. La hausse persistante des prix pèse lourdement sur les Américains » , a déclaré M. Warsh au début de son intervention.

Les membres du comité de politique monétaire « sont formels et unanimes » sur le sujet, a-t-il ajouté. « Ce comité ramènera la stabilité des prix », assure-t-il.

Un statu quo monétaire, le quatrième d’affilée

Sa première réunion en tant que président de la Réserve fédérale américaine (Fed) a livré le résultat auquel les investisseurs s’attendaient : un statu quo monétaire, le quatrième d’affilée. Les taux de la Fed, qui guident les coûts d’emprunt aux États-Unis et ont une grande influence sur les marchés financiers mondiaux, restent compris entre 3,50 % et 3,75 % depuis décembre. La décision sur les taux a été prise à l’unanimité des douze votants, ce qui n’était pas arrivé depuis un an.

La surprise vient d’ailleurs : les responsables monétaires américains ont suggéré, via leurs prévisions, qu’un resserrement monétaire pourrait intervenir d’ici à la fin de l’année.

Selon la médiane de leurs projections, les taux pourraient être portés entre 3,75 % et 4 %, soit un cran plus haut qu’aujourd’hui. C’est un net changement de ton, alors qu’ils envisageaient encore une baisse des taux en mars. Depuis, l’inflation a bondi à son plus haut niveau depuis trois ans aux États-Unis, en grande partie en raison du choc énergétique déclenché par la guerre au Moyen-Orient. Les observateurs espèrent qu’elle refluera dès que le détroit d’Ormuz rouvrira dans le cadre du protocole d’accord entre Washington et Téhéran.

Le dollar bondit après l'évocation d'une possible hausse de taux

Le dollar avançait nettement face à la livre et l'euro mercredi après que la banque centrale américaine a indiqué pencher vers une hausse des taux d'intérêt d'ici à la fin de l'année, tout en révisant à la hausse ses prévisions d'inflation.

Vers 19H30 TU, le billet vert bondissait de 1,03 % face à la devise britannique, à 1,3280 dollar pour une livre, et progressait de 0,98 % face à la monnaie unique européenne, à 1,1500 dollar pour un euro.

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Les prix devraient augmenter de 3,6 % sur un an

Les banquiers centraux américains s’attendent à voir les prix augmenter de 3,6 % sur un an fin 2026, selon une médiane de leurs prévisions, contre 2,7 % dans une projection datant de mars. Ils prévoient que le produit intérieur brut (PIB) progressera de 2,2 % (contre 2,4 % projeté en mars) et sont moins inquiets pour l’emploi, avec un taux de chômage limité à 4,3 % (contre 4,4 %).

Fait notable : Kevin Warsh semble s’être abstenu de donner ses propres prévisions, conformément à des déclarations antérieures montrant qu’il juge cet exercice « inutile, voire contre-productif ». Les marchés financiers, en revanche, sont friands de ce type d’informations. C’est un premier marqueur du « changement de régime » que Kevin Warsh souhaite engager à la Fed.

Le communiqué final de l’institution est plus succinct que sous son prédécesseur, Jerome Powell. M. Warsh estime que la Fed communique trop et qu’elle occupe une place disproportionnée dans l’économie via le volume d’actifs qu’elle détient.

Des groupes de travail pour réformer la Fed

Kevin Warsh a annoncé ce  mercredi le lancement de cinq groupes de travail dont les conclusions pourraient apporter des changements au sein de l'institution. Ces équipes réfléchiront notamment à la communication de la Fed et de ses membres, jugée trop abondante par Kevin Warsh, ainsi qu'à la taille des actifs détenus par la Réserve fédérale, a précisé le responsable.

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