Mali: l'opposant Ismaël Sacko dénonce la «stratégie de terreur» des autorités de transition

Mali: l'opposant Ismaël Sacko dénonce la «stratégie de terreur» des autorités de transition — World News | Versia.media

Au Mali, cela fait près d'un mois et demi que les enlèvements d'opposants politiques par la Sécurité d'État ont débuté. Dans la nuit du 2 au 3 mai, Mountaga Tall, un avocat engagé pour la démocratie, a été enlevé chez lui, de nuit, par des hommes armés cagoulés. Le 3, ce fut le tour de Moussa « Abba » Djiré, président de « Yiriwa 223 », puis, le 4, de Youssouf Daba Diawara, proche de l'imam et opposant en exil Mahmoud Dicko. D'autres personnalités politiques, militaires et religieuses ont également été enlevées par les services maliens dans les mêmes conditions. Tous sont détenus dans des lieux inconnus, en dehors de toute procédure légale. Ismaël Sacko, opposant en exil hors du Mali, président du PSDA -aujourd'hui dissous comme tous les partis politiques du Mali-, et membre de la CFR, la Coalition des forces pour la République portée par l'imam Dicko, dénonce « une stratégie de terreur ».

Publié le : 15/06/2026 - 05:00

« Les autorités de transition du Mali sont en train de mettre en place une stratégie de terreur pour étouffer tout débat, toute contradiction, pour faire peur aux opposants », déclare Ismaël Sacko. « C'est la raison pour laquelle elles procèdent à des enlèvements et à des séquestrations. »

Le 1er mai, par communiqué, la justice militaire avait indiqué enquêter sur des soupçons de complicité lors de la série d'attaques menée le 25 avril par les jihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans), liés à al Qaeda, et par les indépendantistes du FLA (Front de libération de l'Azawad). Le ministre de la Défense, le Général Sadio Camara, avait été tué, provoquant une onde de choc parmi la population, et les groupes armés avaient pris le contrôle de la ville de Kidal, dans le nord du pays.

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« Faire porter le chapeau »

Dans son communiqué, le procureur militaire précisait que « certains hommes politiques » étaient concernés par l'enquête. Depuis, les autorités politiques et judiciaires sont parfaitement silencieuses sur l'enquête comme sur les enlèvements. « On a vu le 25 avril une attaque sans précédent dans l'histoire de notre pays, déplore Ismaël Sacko. Les autorités essaient de faire porter le chapeau à ces acteurs politiques en les liant aux terroristes alors qu'aujourd'hui, ces autorités n'ont pas réussi à présenter une preuve factuelle qui lie ces opposants, arrêtés et séquestrés, à ces évènements du 25 avril. Donc c'est de la propagande, c'est créer une terreur au sein du Mali et dans la classe politique. »

« Personne n'est dupe de ce jeu, estime encore l'opposant en exil. Et l'opposition politique s'organise autrement pour faire en sorte que l'éveil de conscience des Maliens soit une réalité et, surtout, pour présenter les failles d'une gouvernance sans fin, d'une transition sans limite, qui perdure et qui n'a pas de cap. »

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