Les perspectives économiques de l'Iran après l'annonce de l'accord de paix

Les perspectives économiques de l'Iran après l'annonce de l'accord de paix — World News | Versia.media

Les trois mois et demi de conflit ont plongé l'économie iranienne, déjà fragile, dans une situation désastreuse. Téhéran doit donc rapidement trouver ou retrouver des ressources financières. Cependant, le protocole d'accord demeure vague sur l'aspect économique. Comment le régime iranien compte-t-il se redresser ?

Publié le : 15/06/2026 - 15:53 Mis à jour le : 15/06/2026 - 17:08

Le détroit d'Ormuz devrait occuper une place centrale dans la stratégie iranienne. C'est en effet par cette voie que transite la majorité des exportations pétrolières, principale source de revenus de Téhéran, mais le pouvoir iranien pourrait en tirer d'autres bénéfices : l'accord inclurait le versement de frais de maintenance d'Ormuz liés, par exemple, à la logistique ou à la sécurité sanitaire et environnementale.

Vendredi 12 juin, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait reconnu que la perception de péages n'était pas conforme au droit international, précisant que l'Iran facturerait ses frais dans un cadre mis en place avec Oman.

Autre priorité : les avoirs iraniens gelés à l'étranger, souligne Michel Makinsky, directeur général de la société de conseil sur l'Iran et le Moyen-Orient, Ageromys International : « Les Iraniens ont proposé l'idée d'obtenir la libération d'une partie, [...] 12 milliards de dollars des avoirs bloqués, dès la signature. »

Un engagement américain à débloquer les fonds iraniens, selon Téhéran

Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que les États-Unis s'étaient engagés à débloquer des fonds iraniens gelés à l'étranger et à verser des compensations pour les dommages causés par la guerre, dans le cadre d'un accord de fin de conflit.

« Le déblocage des biens iraniens ainsi que des réparations pour les dommages constituent deux points essentiels » de l'accord censé être signé vendredi, a affirmé le porte-parole de la diplomatie Esmaïl Baghaï lors de son point de presse hebdomadaire : « La partie américaine s'est engagée à prendre des mesures dans ces deux domaines. »

Selon l'agence de presse Mehr, qui a republié ce qu'elle présente comme le cadre de l'accord, en précisant qu'il ne s'agissait pas du texte final, il est prévu la libération de 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés sur une période de 60 jours, dont la moitié de cette somme avant le début des négociations.

Freiner et lutter contre l'inflation

Un afflux de liquidités destiné à combattre l'inflation, probablement bien supérieure aux 80 % officiellement annoncés. Le marché de la reconstruction du pays pourrait également jouer un rôle.

« Les principaux acteurs possibles sont, dans l'immédiat, les Chinois et les Russes. Il faudra surveiller la position de la Turquie et, d'autre part, du Pakistan qui souhaiterait avoir un accès aux ressources énergétiques iraniennes », souligne Michel Makinsky.

Autre voie : l'intensification de l'économie des cryptomonnaies, populaire au sein du régime. De quoi générer des flux financiers discrets permettant de contourner les restrictions d'accès au système bancaire mondial.

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