Est du Tchad: 59 allégations d'abus et exploitation sexuelle selon une enquête de MSF, 18 employés licenciés

Est du Tchad: 59 allégations d'abus et exploitation sexuelle selon une enquête de MSF, 18 employés licenciés — World News | Versia.media

Médecins sans frontières (MSF) fait l'objet d'accusations d'abus sexuels dans l'est du Tchad. D'après une note interne confidentielle, dévoilée par l'agence Associated Press, une enquête interne de l'organisation humanitaire a révélé plus de 50 allégations d'abus et d'exploitation sexuelle impliquant certains de ses employés envers des réfugiés soudanais. Dix-huit personnes ont été renvoyées au sein de MSF Tchad.

Publié le : 15/06/2026 - 09:28

Avec notre correspondante à Ndjamena, Nadia Ben Mahfoudh

Médecins sans frontières (MSF) admet des cas d'abus et d'exploitation sexuelle perpétrés par certains de ses employés dans l'est du Tchad, le long de la frontière avec le Soudan, un pays en proie à un conflit depuis avril 2023.

Selon une note interne confidentielle, l'organisation humanitaire a recensé 59 allégations ciblant des membres de son personnel au Tchad, certaines portant sur des faits d'exploitation sexuelle de personnes particulièrement vulnérables, notamment des femmes et des mineurs réfugiés ayant fui la guerre au Soudan. Le rapport évoque en particulier des accusations d'échange de nourriture, d'argent ou d'opportunités d'emploi contre des relations sexuelles.

Dans de nombreux cas, les allégations n'ont pas pu être entièrement confirmées

À l'issue d'une enquête interne de plusieurs mois, 18 employés de MSF ont été licenciés et exclus de toute future embauche au sein de l'organisation. Cependant, dans de nombreux cas, les allégations n'ont pas pu être totalement vérifiées, les victimes ou les auteurs présumés n'ayant pas pu être identifiés.

À lire aussi Des réfugiées soudanaises au Tchad accusent des humanitaires et des forces locales d'abus sexuels

Interrogée, l'organisation déclare que ces actes sont « profondément contraires » à ses valeurs. Elle précise que des enquêtes ont été menées depuis 2024, notamment dans les camps de réfugiés d'Adré, Aboutengué et Metché.

Concernant d'éventuelles poursuites judiciaires, MSF indique « respecter la volonté des victimes de saisir ou non les autorités compétentes ».

MSF admet également des lacunes dans ses procédures de recrutement. Selon l'organisation, des contrôles d'identité insuffisants ont parfois permis à des mineurs d'être recrutés comme travailleurs journaliers.

Newsletter Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI

← World News