Changement de Constitution en RDC: le parti présidentiel dénonce «un coup de théâtre» de l’opposition lors d’un sit-in

Changement de Constitution en RDC: le parti présidentiel dénonce «un coup de théâtre» de l’opposition lors d’un sit-in — World News | Versia.media

En RDC, le parti présidentiel a répliqué avec virulence aux accusations de l’opposition, qui dénonçait la répression de sa marche du 12 juin contre le projet de modification de la Constitution porté par la majorité au pouvoir, à deux ans de la fin du deuxième mandat du chef de l’État. La manifestation de la Coalition Article 64 (C64) était notamment conduite par les formations de Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Matata Ponyo et des mouvements citoyens. Lors d’une matinée politique tenue le 14 juin au siège du parti présidentiel, son dirigeant a accusé l’opposition d’avoir menti au sujet de blessures et des conditions de la dispersion du rassemblement, dans le but de discréditer le régime de Félix Tshisekedi.

Publié le : 15/06/2026 - 08:37 Modifié le : 15/06/2026 - 08:38

Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

Un podium érigé, un écran géant installé et des militants mobilisés au siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo (RDC).

Augustin Kabuya, responsable de l’UDPS, en a profité pour s’en prendre aux opposants qu’il accuse d’avoir visé un but bien différent de celui officiellement annoncé : « Leur but était de mettre le feu au Palais du Peuple [siège du Parlement, NDLR] pour semer le chaos dans ce pays. Ils ont engagé des miliciens Mobondo [groupes actifs dans l’ouest de la RDC, NDLR] et des gangs Kuluna [qui commettent délits et crimes, notamment à Kinshasa, NDLR] pour effectuer des tâches sales. Voilà quatre jours que j’attends qu’on me désigne ces prétendus membres de la Force du progrès, qu’on me cite leurs noms… Mais rien ! Ces opposants ont constitué leur propre milice, la Force du progrès. Cela n’a rien à voir avec nous. Vous disiez vouloir organiser un sit-in, mais ce n’est pas cela, un sit-in ! Que faisaient des machettes dans votre sit-in ? »

« Ils étaient tous habillés en blanc et se sont couverts de tomates »

Ensuite, il désigne des images et commente : « Regardez Martin Fayulu : il s’est maquillé avec je ne sais quoi sur la tête. Il a même mis du sparadrap pour faire croire qu’il était blessé. Moi, j’ai pris le temps d’analyser toute la mise en scène qu’ils ont orchestrée. Ils étaient tous vêtus de blanc et se sont aspergés de tomates pour simuler des blessures. On ne s’improvise pas dans l’opposition. Ce que vous avez fait, c’est une comédie. C’est un échec, tout comme votre prétendue journée "ville morte" du 3 juin dernier. »

À l’instar du gouvernement, le chef du parti présidentiel affirme qu’il n’y a eu aucun décès et défie l’opposition : « S’il y a eu un mort, qu’ils le prouvent et qu’ils rendent visite à la famille endeuillée. »

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Le 12 juin au matin, la C64 projetait d’organiser un sit-in devant le siège du Parlement. Les autorités l’ont interdit à cet endroit, jugé « inviolable », et l’ont délocalisé. Mais l’opposition a résisté, et les forces de l’ordre sont intervenues.

Dans un communiqué publié le 13 juin, le gouvernement a lui aussi condamné les incidents survenus vendredi. Le ministre de la Justice a rendu visite aux responsables des partis politiques concernés afin de discuter des circonstances des incidents enregistrés et d’en évaluer les répercussions. Le gouvernement réaffirme, dans le communiqué, son engagement en faveur des libertés publiques, notamment la liberté d’expression, la liberté de réunion et de manifestation pacifique. Il appelle également à la modération.

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