Mondial 2026: Boston sous le charme de l'Écosse

Mondial 2026: Boston sous le charme de l'Écosse — World News | Versia.media

Pour son retour en Coupe du monde, 28 ans après France 98, l'Écosse a dominé Haïti et s'empare de la première place du groupe C du Mondial 2026 avant de se mesurer au Maroc, toujours à Boston, le 20 juin. Depuis plusieurs jours, la ville du Massachusetts vit au rythme écossais. On évoque les 50 000 supporters présents en ville, ayant traversé l'Atlantique, alors que seulement 30 000 billets ont été écoulés pour la rencontre face aux Haïtiens.

Publié le : 14/06/2026 - 18:37 Modifié le : 14/06/2026 - 19:32

Lorsque John McGinn, le milieu de terrain d'Aston Villa, a repris une frappe repoussée de Che Adams après un centre du virevoltant Ben Gannon-Doak sur l'aile droite, le Boston Stadium, en grande partie rempli de supporters en kilt, était en ébullition.

La Tartan Army de Scott McTominay a validé son retour en Coupe du monde après 28 ans d'absence grâce à une meilleure maîtrise collective face à Haïti. Pour la première fois en neuf participations, les Écossais peuvent espérer atteindre le tour suivant. Il faudra d'abord affronter les deux cadors du groupe, le Maroc et le Brésil, qui n'ont pas réussi à se départager samedi (1-1), à East Rutherford, en banlieue de New York.

Le centre de Boston transformé en petit Édimbourg

« C'était extraordinaire, nous avons de véritables supporters qui sont prêts à aller n'importe où pour nous suivre. Pendant l'hymne, j'avais des frissons », a déclaré Lewis Ferguson, milieu de terrain de Bologne, qui n'était pas né en 1998.

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Depuis plusieurs jours, malgré les après-midi de chaleur accablante, les rues de Boston sont bondées de supporters écossais, ce qui montre qu'il y a bien un Mondial dans la plus grande ville du Massachusetts. Car il faut le reconnaître, les habitants peinent à s'enthousiasmer pour le « soccer ». Après la victoire contre Haïti, le centre-ville s'est mué en un petit Édimbourg jusqu'à l'aube.

Pour le supporter écossais, cette fête du football est une aubaine après une si longue attente. En quittant le stade, les fans ont pu entonner leur chant préféré « No Scotland, no party » (« pas d'Écosse, pas de fête »).

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Pour Steven, la trentaine, il était hors de question de rester chez lui devant sa télévision. « Même si le Mondial avait eu lieu sur la Lune, j'y serais allé ». Histoire de dire que les États-Unis ne sont pas le meilleur endroit pour la fête internationale du football. Le jeune homme a vidé sa tirelire pour vivre l'événement à Boston, camp de base de l'équipe de France.

Avion, hôtels et billets de stade lui ont coûté le prix d'une bonne voiture d'occasion en Europe. Une folie ? « Je suis l'équipe d'Écosse depuis mes 14 ans, alors c'était impensable de faire autrement ». Il ne fait pas partie de ceux qui ont eu la mauvaise surprise de se voir refuser leur ESTA au dernier moment [autorisation électronique de voyage obligatoire pour toute personne souhaitant arriver aux États-Unis par avion, par bateau ou par voie terrestre, pour un séjour touristique ou d'affaires de 90 jours maximum ou pour un transit, NDLR].

« Avant le match, nous sommes allés boire quelques bières très tôt dans la matinée. Ensuite, nous avons pris le train pour le stade et nous avons continué à célébrer cette journée historique avec des bières », raconte-t-il, les yeux fatigués, mais le sourire aux lèvres. Les Écossais n'hésitent jamais à prendre l'apéritif au petit-déjeuner…

Matchs de football improvisés dans les parcs publics

Quelques heures avant la première rencontre de l'Écosse, John, né à Édimbourg, mais qui réside désormais à Toronto au Canada, était déçu par le manque d'enthousiasme des Américains pour ce Mondial. « Je n'avais jamais imaginé une Coupe du monde aussi morne, la fan zone est ridiculement petite et les prix sont exorbitants. J'ai dépensé 35 dollars pour deux bières dans un bar du centre-ville, quelle honte », lâche-t-il. On ne parlera pas du tarif du train pour Foxborough, où se déroulent les matchs, qui grimpe les jours de rencontre pour passer de 18 à 60 dollars le trajet et qui en a irrité plus d'un. On espère que la première victoire des Écossais lui a redonné le sourire. Plutôt que de se faire « plumer », les supporters écossais n'hésitent plus à s'approvisionner dans les supermarchés et à boire leurs bières dans leur chambre d'hôtel.

Maillot de l'équipe nationale en haut, kilt en bas avec son tissu à carreaux et sporran * à la taille, les Écossais ont donc envahi les quartiers chics de l'une des plus anciennes villes des États-Unis. Ils ont même improvisé des matchs de football au Boston Common, le plus ancien parc public des États-Unis créé en 1634, situé en plein cœur du centre-ville.

Une petite révolution alors qu'ici, les gens sont passionnés par le basketball avec les Boston Celtics, le hockey sur glace, le baseball ou le football américain né de la fusion entre le rugby et le soccer. En attendant, dans les rues de Boston, on joue sans cesse l'hymne national officieux, Flower of Scotland, qui n'est désormais plus un secret pour les Américains.

*petite sacoche, qui est un élément du costume traditionnel masculin des Highlands

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