
Trois personnes ont perdu la vie dimanche 14 juin lors d'une frappe israélienne visant la banlieue sud de Beyrouth, la seconde en l'espace d'une semaine menée par Israël, qui affirme avoir répondu à des tirs du Hezbollah pro-iranien sur le nord de son territoire. L'Iran prévient que cette attaque ne demeurera pas sans conséquence et reproche à Washington de ne pas honorer ses promesses. Le président américain Donald Trump a exprimé ce dimanche son mécontentement après l'opération israélienne, qui a « repoussé la signature de l'accord de quelques heures ».
Publié le : 14/06/2026 - 17:53 Modifié le : 14/06/2026 - 20:07
À la suite de cette attaque, l'Iran a accusé les États-Unis de manquer à leurs engagements, et son négociateur principal Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé qu'il était « inutile de continuer » les discussions avec les États-Unis « si » ces engagements n'étaient pas respectés.
« L'agression des sionistes contre la Dahiyeh a montré une fois de plus que les États-Unis n'ont ni la volonté ni la capacité d'honorer leurs promesses. On ne peut pas obtenir des concessions en donnant le feu vert au régime. La stratégie du "bon flic, mauvais flic" est dépassée. Si l'on n'a ni la volonté ni la capacité de respecter ses engagements, il est impossible d'envisager de poursuivre dans cette voie », a écrit Mohammad Bagher Ghalibaf sur son compte X.
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Un haut responsable de l'état-major iranien a averti que ces bombardements israéliens ne resteraient pas « impunis ».
Ces frappes pourraient compromettre la signature d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, que Donald Trump avait annoncée pour ce dimanche, jour de son anniversaire. Car l'Iran avait déjà prévenu Israël que cibler la capitale libanaise constituait une ligne rouge, un argument qui avait été invoqué pour justifier des tirs de missiles contre l'État hébreu il y a une semaine.
« L'attaque de ce matin à Beyrouth n'aurait pas dû avoir lieu », déclare Donald Trump
Le président américain Donald Trump a fait part ce dimanche de son mécontentement après l'opération israélienne dans le sud de Beyrouth. La capitale libanaise a été la cible de quatre frappes chirurgicales, en riposte à trois drones lancés par le Hezbollah sur le nord d'Israël.
« L'attaque perpétrée ce matin à Beyrouth n'aurait jamais dû se produire, surtout en ce jour si spécial où nous sommes si proches d'un accord de paix avec l'Iran. Israël a le droit de se défendre face aux menaces, mais l'attaque à laquelle il a répondu était mineure et insignifiante ; personne n'a été blessé ni tué, et elle ne devrait pas perturber ce processus crucial », écrit-il sur son réseau Truth Social.
« Nous sommes très près d'un accord qui apportera la paix dans la région, y compris au Liban, et toutes les parties doivent cesser toute agression. Il ne devrait plus y avoir d'attaques israéliennes au Liban, ni d'attaques d'aucune autre partie, y compris le Hezbollah, contre Israël. Cela pourrait être le début d'une paix longue et fructueuse – ne gâchons pas cette opportunité ! », s'est exclamé Donald Trump.
Le président américain a affirmé dimanche au site Axios que la signature d'un accord avec l'Iran aurait lieu « dans quelques heures », après que le processus a été selon lui retardé par les frappes israéliennes sur Beyrouth. « Cela a tout bouleversé. Cela a repoussé la signature de quelques heures. Elle devait avoir lieu maintenant. Elle est désormais prévue dans quelques heures », a déclaré Donald Trump lors d'un appel téléphonique, précise Axios, sans cacher sa frustration à l'égard du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu.
Les experts israéliens craignent un mauvais accord avec l'Iran
Israël est en état d'alerte. Une atmosphère très pesante règne dimanche soir en Israël. Le Commandement du Front intérieur a réduit le seuil des rassemblements autorisés, entraînant l'annulation en catastrophe de concerts géants dans le centre du pays. La consigne est claire : vigilance maximale. L'État hébreu se prépare à d'éventuelles représailles sur son propre territoire dans les prochaines heures. La frappe sur Beyrouth est perçue, en coulisses, comme une tentative délibérée de faire échouer les négociations en cours entre Washington et Téhéran. Les experts israéliens redoutent un « mauvais accord » avec l'Iran, dénonçant des concessions jugées superficielles sur le dossier nucléaire et le programme balistique.
Côté israélien, on justifie cette escalade : cette frappe, disent les autorités, est « cruciale pour redéfinir la sécurité » face au Hezbollah, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Et on souligne ici que Washington a été informé de l'attaque israélienne sur la capitale libanaise. Du point de vue israélien, l'effet est double. Benyamin Netanyahu affirme ne plus tolérer aucun tir transfrontalier depuis le Liban. Et en Israël, on exprime dans le même souffle un mécontentement du protocole d'accord avec Téhéran.
L'inquiétude domine. Le cabinet de sécurité se réunit ce dimanche soir dans un bunker souterrain dans un site tenu secret, signe de la gravité de la menace. Si les vols vers l'aéroport Ben Gourion sont maintenus pour l'instant, les autorités sont en contact permanent avec Washington. Selon des sources israéliennes citées par les médias, les Américains, qui redoutent une rupture totale des négociations, exercent une pression énorme en coulisses sur Téhéran pour éviter que cette riposte à la frappe sur Dahiyeh ne dégénère en un embrasement régional et seraient prêts à offrir une contrepartie aux Iraniens.
Le gouvernement Netanyahu craint qu'en signant ce mémorandum, les États-Unis ne sacrifient la capacité d'Israël à se défendre seul. Le bras de fer ne fait que commencer : d'un côté, la realpolitik américaine, de l'autre, ce qu'ici à Jérusalem on considère comme une question de survie nationale.
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