
Le Liban a indiqué dimanche 14 juin avoir saisi l'ONU, accusant Israël d'avoir dispersé du glyphosate, un herbicide très puissant, à des concentrations élevées le long de sa frontière en février, d'après un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Une lettre a été transmise au Conseil de sécurité de l'ONU et à son secrétaire général pour dénoncer cet incident, qui a eu lieu avant le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.
Publié le : 14/06/2026 - 18:33
Les événements remontent au 1ᵉʳ février. La Finul, la force onusienne de maintien de la paix au Liban, annonce avoir été prévenue par Israël de son projet d'épandre « une substance chimique non toxique » à proximité de la frontière. L'armée israélienne aurait également conseillé aux Casques bleus de se mettre en sécurité.
Dans la foulée, les Nations unies réclament une enquête pour déterminer la nature exacte des substances chimiques employées.
Le président libanais Joseph Aoun avait alors qualifié cet épandage de « violation flagrante de la souveraineté libanaise et un crime environnemental et sanitaire ».
À lire aussi Le Liban accuse Israël d’avoir aspergé du glyphosate sur son sol
« Glyphosate à des niveaux de concentration élevés »
Le ministère, qui affirme se fonder sur un rapport scientifique du CNRS libanais, évoque l'utilisation de « glyphosate à des niveaux de concentration élevés » dans trois villages libanais frontaliers, qui « dépassent largement » ceux habituellement constatés dans les champs au Liban pour cet herbicide, suspecté d'être cancérogène.
Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Des analyses des ministères de l'Agriculture et de l'Environnement ainsi que du Conseil national de la recherche scientifique libanais montrent la présence de glyphosate de 20 à 30 fois et jusqu'à 50 fois supérieure aux normes agricoles habituelles. Le glyphosate, cet herbicide suspecté d'être cancérogène, peut à très haute concentration provoquer la destruction des cultures, la stérilisation des sols, une contamination de l'eau et des pâturages ainsi que des risques sanitaires graves.
Dans son message, la diplomatie libanaise précise également avoir saisi le Conseil de sécurité au sujet des attaques israéliennes en cours contre son pays, notamment concernant « le ciblage d'un véhicule de l'armée libanaise » début juin, qui a entraîné la mort de deux officiers en service et d'un soldat.
Soulignant la poursuite de négociations directes entre Israël et le Liban visant à mettre fin aux hostilités, elle avertit que « le ciblage par Israël de membres de l'armée libanaise sape directement ces efforts diplomatiques ».
À lire aussi «La terre a changé»: comment la guerre impacte l'agriculture au Liban
Newsletter Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail
Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI